Rôle des comorbidités

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Les comorbidités sont nombreuses au cours de l’insuffisance cardiaque, notamment dans sa forme à fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée qui est une pathologie du sujet âgé. La Société Européenne de Cardiologie [1] en a listé 16 (tableau I). Certaines sont en fait des étiologies, comme l’hypertension artérielle et la maladie coronarienne, d’autres des facteurs déclenchants de décompensation, comme la fibrillation atriale paroxystique. Parmi les comorbidités extra-cardiaques, le diabète, l’insuffisance rénale, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’anémie – dont la principale cause est la carence martiale – sont particulièrement fréquentes au cours de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (IC-FEP).

Ainsi, dans l’étude PARAGON-HF, le plus grand essai thérapeutique jamais réalisé dans l’IC-FEP, 43 % des sujets sont diabétiques (probablement du fait de la fréquence élevée de l’obésité qui touche 49 % des patients), 47 % des sujets sont porteurs d’une insuffisance rénale et 14 % d’une BPCO [2]. Ces comorbidités, qui participent à la physiopathologie complexe de l’IC-FEP en générant un état inflammatoire chronique et un stress oxydatif, aggravent les symptômes et l’intolérance à l’effort, dégradent la qualité de vie, favorisent les réhospitalisations précoces et grèvent le pronostic (tableau II). Elles rendent difficile le traitement des patients, pouvant d’une part favoriser la sous-prescription des inhibiteurs des systèmes sympathique et rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) et, d’autre part, justifier l’emploi de médicaments susceptibles d’aggraver l’insuffisance cardiaque. Leur recherche systématique et leur prise en charge spécifique sont donc nécessaires au cours de l’IC-FEP qui apparaît de plus en plus comme une pathologie multi-organe même si les preuves cliniques sont souvent limitées en l’absence d’études dédiées.

Diabète

Au cours des essais cliniques consacrés à l’IC-FEP, la prévalence du diabète varie de 21 à 43 % (tableau III) [3], et devrait augmenter du fait de l’épidémie d’obésité et d’insulinorésistance [4]. Une atteinte myocardique directe liée au diabète, dont la physiopathologie complexe associe des phénomènes de glucotoxicité, de lipotoxicité et de dysfonction mitochondriale, va aggraver la cardiopathie[...]

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À propos des auteurs

Fédération des Services de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, Toulouse. Inserm, U858, Toulouse.

Service de Néphrologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE.

Service de Pneumologie, CHU Toulouse-Rangueil-Larrey, TOULOUSE.

Fédération de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE.

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Fédération des Services de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE. Université Paul Sabatier-Toulouse III ; Faculté de Médecine, TOULOUSE.

Fédération de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE. UMR UT3 CNRS 5288 Evolutionary Medicine, Obesity and heart failure: molecular and clinical investigations. INI-CRCT F-CRIN, GREAT Networks. Université Paul Sabatier-Toulouse III ; Faculté de Médecine, TOULOUSE. Service de Médecine nucléaire, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE.

Fédération de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE. Université Paul Sabatier-Toulouse III ; Faculté de Médecine, TOULOUSE.

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Fédération de Cardiologie, Pôle Cardiovasculaire et Métabolique, CHU de Rangueil, TOULOUSE.

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