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Les limites de la raison (suite) : quand la mémoire s’efface, l’histoire recommence

“… nous devons accepter une vérité fondamentale :
nous sommes tous le produit d’une époque et d’un lieu particuliers.”
Dans Laurence Rees, La pensée nazie. Éditions Arpa, 2025, 546 p.

J’ai interrompu il y a déjà plusieurs mois une série d’articles sur “Les limites de la raison”. Cette série parlait entre autres de biais cognitifs et proposait une synthèse de divers ouvrages de psychosociologie. Après plusieurs billets consacrés à la déferlante “intelligence artificielle”, il m’a semblé utile, au prisme de diverses lectures récentes et de l’actualité, de reprendre cette série où elle s’était arrêtée.

Dans ce billet, nous allons voir, à travers quelques exemples, que la vérité est complexe, qu’il est facile de la travestir, et que de ne pas faire preuve d’esprit critique peut conduire à ce que l’histoire recommence dans ses aspects les plus dramatiques.

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La fibrillation atriale (FA) est impliquée dans environ 20 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques. Toutefois, son caractère souvent paroxystique rend le diagnostic difficile lors de l’événement aigu.
Récemment, un consensus français a été publié pour guider le dépistage de la FA après AVC. Les taux de détection de la FA varient considérablement selon la méthode employée : télémétrie en unité neurovasculaire, holter standard ou prolongé, enregistreur d’événements externe, ou moniteur électrocardiogramme implantable (ILR). Les holters et enregistreurs d’événements externes ont une rentabilité limitée par la durée de l’enregistrement. Or les données récentes confirment que la durée de la surveillance augmente les taux de détection.
Hélas coûteux, les ILR offrent une performance supérieure, avec une détection atteignant 30 % à trois ans. L’intelligence artificielle (IA) améliore la pertinence des analyses, en réduisant les faux positifs. La difficulté réside dans la sélection des patients candidats à un ILR. Les objets connectés, prometteurs, ne sont pas encore validés dans ce type d’indication. Outre la méthode employée pour détecter la FA, on peut proposer deux approches : l’une, séquentielle, au cours de laquelle la décision est prise après l’hospitalisation et les actions sont menées lors du suivi ; l’autre, continue avec prise de décision pendant l’hospitalisation et actions avant la sortie. Cette dernière semble plus efficace.

L'infarctus du myocarde au féminin
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Les maladies cardiovasculaires sont la seconde cause de mortalité en France chez les femmes. Depuis quinze ans, les infarctus du myocarde (IDM) sont en constante augmentation chez les Françaises de moins de 65 ans, et ils sont de plus mauvais pronostic. De plus en plus exposées aux facteurs de risque modifiables, notamment le tabac et le diabète, avec un impact plus sévère chez elles, les femmes ne sont plus aussi protégées par leurs œstrogènes. Les femmes n’alertent et ne se présentent que plus tardivement que les hommes. Alors qu’elles endurent fréquemment une douleur thoracique, elles rapportent plus souvent un plus grand nombre de symptômes associés pouvant retarder la prise en charge. Les formes sans obstruction coronaire ne sont retrouvées que dans 15 % des cas. Les femmes bénéficient autant de la revascularisation et des médications ayant démontré un bénéfice telles que antiagrégants, statine, inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC)… Une réadaptation au décours est cruciale afin d’optimiser le pronostic.

Dossier : ESC 2025 Faut-il proposer ou maintenir un bêtabloquant dans la maladie coronaire stable post-infarctus du myocarde ? Apports des études BETAMI-DANBLOCK et REBOOT-CNIC
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Si, au terme de quatre essais thérapeutiques contrôlés, nous disposons de plus d’informations sur l’effet clinique potentiel des bêtabloquants au long cours dans les suites d’un infarctus du myocarde (IDM), force est de constater que cette information est d’un niveau de preuve moyen et non pas élevé, du fait du caractère ouvert de ces quatre études, de leurs résultats discordants et d’un résultat parfois conduit principalement par des événements qui ne sont pas des critères durs, ce qui est un biais dans des études conduites en ouvert.
De ce fait, il pourrait tout à fait être concevable qu’un patient sans insuffisance cardiaque et dont la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) est supérieure à 40 % sorte de l’hôpital sans avoir de traitement bêtabloquant au décours d’un IDM. Comme il pourrait être concevable d’arrêter ce traitement dès qu’il est mal toléré chez ce type de patient au décours d’un IDM.

Dossier : Des cardiologues au service des cardiologues et de leurs patients L’évolution de la médecine vue par le président du Collège national des cardiologues français
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“La mesure ultime d’un homme n’est pas où il se situe dans les moments de confort
mais où il se situe dans les moments de défi et de controverse”
~ Martin Luther King

Malgré l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans la pratique médicale, le rôle d’une société savante restera essentiel pour la formation et l’information des médecins. Président du Collège national des cardiologues français (CNCF), François Diévart nous livre ses réflexions sur le sujet.

Dossier : ESC 2025
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Des experts de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de la Société européenne d’athérosclérose (EAS) ont proposé une actualisation des recommandations pour la prise en charge des dyslipidémies, les précédentes datant de 2019.
Ce texte est très pragmatique en ce sens qu’il fournit de nombreux éléments clairs sur la conduite à tenir : par exemple, le délai entre le début d’un traitement et le premier contrôle du bilan lipidique, les valeurs seuils, de la Lp(a) et de la hs-CRP, une classe III pour les suppléments alimentaires, les vitamines, la levure de riz rouge et les phytostérols en matière de protection cardiovasculaire…
Il comporte cependant quelques zones d’incertitude, comme le poids à accorder à divers marqueurs dans l’évaluation du risque, et quelques zones plus discutables, telles que, notamment, le fait de proposer un dosage de la Lp(a) à tous, au moins une fois, ou le fait d’éventuellement pouvoir proposer des fibrates en cas d’hypertriglycéridémie, même si la classe de recommandation est IIb.

Revues générales Dispositifs connectés dans la gestion de l’hypertension et de la fibrillation atriale
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Les pathologies cardiovasculaires telles que l’hypertension artérielle (HTA) et la fibrillation atriale (FA) nécessitent des outils de surveillance avancés pour une prise en charge optimale. Les recommandations ESC 2024 encouragent l’utilisation de dispositifs connectés afin d’améliorer le diagnostic et la gestion de ces affections. Dans cette optique, l’enquête COMPLETE a évalué auprès de 85 cardiologues français le dispositif médical OMRON Complete, un appareil combinant mesure de la pression artérielle (PA) et détection de la FA par électrocardiogramme (ECG).
Les résultats indiquent un taux élevé de satisfaction des cardiologues (98 %) concernant la fiabilité et la facilité d’emploi de l’appareil, bien qu’il présente quelques limites dans son utilisation chez les patients âgés ou obèses. Ce dispositif contribue ainsi de manière significative à la surveillance continue de l’HTA et au dépistage de la FA, notamment dans les cabinets médicaux ne disposant pas d’ECG standard.

Revues générales Quadrithérapie dans l’insuffisance cardiaque : comment procéder ?
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L’insuffisance cardiaque (IC) résulte d’une anomalie cardiaque, structurelle ou fonctionnelle. Ce syndrome clinique s’accompagne d’une congestion pulmonaire ou systémique [1]. Il s’associe à une morbidité et à une mortalité encore très élevées.
Le traitement repose sur quatre classes médicamenteuses essentielles : les inhibiteurs des récepteurs de l’angiotensine et de la néprilysine (ARNi) ou les inhibiteurs du système rénine-angiotensine-aldostérone
(iSRAA), les antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes (ARM), les inhibiteurs du SGLT-2 et les bêta-bloquants (BB). À l’exception des BB, spécifiques à l’HFrEF et l’HFmrEF, les autres classes sont indiquées pour tous les phénotypes d’IC [1]. L’initiation précoce et la titration rapide de ces médicaments sont essentielles pour réduire la mortalité, les hospitalisations et les symptômes.
Enfin, il convient de ne pas négliger les thérapies complémentaires telles que les diurétiques, la correction d’une carence martiale, la réadaptation cardiaque et les dispositifs implantables. Une standardisation de ces processus, encore sous-optimale à l’échelle mondiale, est nécessaire afin d’homogénéiser la prise en charge et d’améliorer le pronostic.

Revues générales Syndrome coronaire aigu
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Bien que les dernières recommandations européennes tendent à unifier le spectre des syndromes coronariens aigus (SCA) avec et sans sus-décalage du segment ST, le SCA ST- présente des spécificités tant sur le plan diagnostique, avec le rôle central du dosage de la troponine selon un algorithme 0/1 h, que sur le plan thérapeutique, avec l’absence de prétraitement antiplaquettaire systématique.
Néanmoins, l’approche globalisée des syndromes coronariens aigus reste pertinente dans le cadre de la prévention secondaire, où traitements antiplaquettaires et cardioprotecteurs jouent un rôle clé pour réduire le risque ischémique. à long terme, les bénéfices de cette prévention reposent sur la mise en œuvre de stratégies médicales personnalisées tenant compte des caractéristiques cliniques et angiographiques des patients, et de leurs comorbidités.

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