Etude SHIFT : l’ivabradine devient un traitement de l’insuffisance cardiaque. Etude et résultats

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Le protocole et les résultats de l’étude SHIFT (Systolic Heart failure treatment with the If inhibitor ivabradine Trial) s’expriment simplement : ils démontrent le bénéfice d’un nouveau traitement dans l’insuffisance cardiaque, l’ivabradine, en sus du traitement usuel, et indiquent que chez certains patients ayant une insuffisance cardiaque, la fréquence cardiaque est un facteur de risque puisque sa réduction permet de diminuer le risque d’une évolution péjorative.

Pour la pratique, cette étude pose trois questions qui ont été débattues lors des sessions scientifiques de la Société Européenne de Cardiologie et mises en avant dans l’éditorial accompagnant la publication des résultats dans le Lancet :

>>> Le traitement des patients inclus dans l’étude peut-il être considéré comme optimal et donc le résultat de l’étude serait-il reproductible si le taux de prescription et la posologie des bêtabloquants avaient été supérieurs.

>>> En comparant les résultats de l’étude BEAUTIFUL sur les mêmes critères évalués dans l’étude SHIFT, quels sont les critères garants du bénéfice clinique de l’ivabradine.

>>> Enfin, faut-il atteindre une fréquence cardiaque cible dans le traitement de l’insuffisance cardiaque, et si oui, laquelle.

L’analyse des éléments de réponse à ces trois questions fera l’objet de la discussion qui sera présentée dans l’article suivant intitulé “Analyse et pratique”. Le rapport des résultats de l’étude SHIFT fait l’objet de ce premier texte.

L’ivabradine

L’ivabradine est un inhibiteur sélectif et spécifique du courant pacemaker If (hyper-polarisation-activated cyclic-nucleotide-gated funny current) qui contrôle la dépolarisation diastolique spontanée du nœud sinusal et régule la fréquence cardiaque. Le courant If est un courant sodique et potassique entrant déclenché par l’hyperpolarisation, qui intervient dans la dépolarisation diastolique lente du nœud sinusal et conduit à la dépolarisation rapide ou phase 0. Les effets cardiaques sont spécifiques du nœud sinusal, sans effet sur la conduction intra-cardiaque, la contractilité myocardique ou la repolarisation ventriculaire.

L’ivabradine agit en diminuant la fréquence cardiaque de repos et d’effort, de façon dose-dépendante et de façon d’autant plus ample en valeur absolue que la fréquence cardiaque est élevée. Aux posologies recommandées et dans la moyenne des fréquences[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.

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