Contrôle de la fréquence cardiaque : l’excès de vitesse est parfois délétère

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La plupart des études anciennes comparant dans la fibrillation atriale (FA) les stratégies de contrôle du rythme ou de la fréquence cardiaque (FC) n’ont pas pu démontrer de supériorité du contrôle du rythme sur des critères de morbi-mortalité ou de qualité de vie [1-4]. Un assez grand nombre de cliniciens a donc recours à la stratégie de contrôle de la FC en cas de FA. Dans le registre RecordAF, la stratégie de contrôle de la FC était ainsi utilisée dans 60 % des cas en première intention aux États-Unis et dans 40 % des cas en Europe [5].

En revanche, il reste parfois difficile de savoir au niveau individuel si un contrôle strict de la FC est préférable à son contrôle moins rigoureux. Pendant longtemps, les sociétés savantes ont recommandé un contrôle assez strict de la FC, avec l’objectif ambitieux mais non démontré “d’améliorer la qualité de vie et les capacités d’effort, et de réduire les symptômes, le risque d’insuffisance cardiaque et la mortalité”. Cependant, ce contrôle strict de la fréquence est potentiellement associé à plus d’effets délétères liés au traitement ralentisseur (bradycardie plus ou moins symptomatique, syncope, implantation d’un stimulateur cardiaque qui se fait parfois par principe) et des analyses post hoc des études AFFIRM et RACE avaient montré qu’une FC un peu plus rapide ne semblait pas associée à une dégradation évidente du pronostic avant même l’étude randomisée RACE II.

Intérêt du contrôle adéquat de la FC dans la FA

La FA peut avoir des effets hémodynamiques nocifs et une nuisance symptomatique. En FA, les oreillettes éjectent peu efficacement le sang et ne contribuent pas au volume systolique, réduisant ainsi le débit cardiaque de 20 à 30 % [6]. La fréquence ventriculaire irrégulière et généralement rapide réduit encore le remplissage ventriculaire et le volume systolique. L’irrégularité du rythme et le volume d’éjection réduit provoquent les symptômes et contribuent au développement ou à l’aggravation de l’insuffisance cardiaque [7]. La réduction du volume d’éjection devient encore plus marquée avec les FC élevées. Cette baisse du débit cardiaque peut s’exacerber chez les patients insuffisants[...]

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À propos de l’auteur

Cardiologie B, Pôle Coeur Thorax Vasculaire Hémostase, Centre Hospitalier Universitaire Trousseau, TOURS.

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