La cardiopathie rythmique : mythe ou réalité ?

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La cardiopathie rythmique se définit par une cardiopathie dilatée, à fraction d’éjection altérée ou symptomatique, pour laquelle le bilan étiologique élimine les causes classiques d’insuffisance cardiaque (IC) et évoque l’association possible à une arythmie supraventriculaire ou ventriculaire, chronique, persistante ou aiguë. C’est le plus souvent une situation sous-diagnostiquée : le diagnostic, le plus souvent rétrospectif, donc tardif, rend difficile l’évaluation de la relation de causalité entre arythmie et insuffisance cardiaque et explique la prise en charge tardive. La coexistence fréquente de la fibrillation atriale (FA) avec l’insuffisance cardiaque ainsi que la possibilité par des techniques non pharmacologiques (ablation) de modifier les symptômes et le pronostic de cette situation (études CAMERA et CASTLE) ont remis en avant cette forme de CMD (cardiomyopathie dilatée) trop souvent ignorée.

Définition

La cardiopathie rythmique (CR) est la conséquence d’une arythmie supraventriculaire ou ventriculaire entraînant une dysfonction systolique quelles qu’en soient la nature et la durée, souvent difficiles à préciser. Dans les modèles expérimentaux, cette arythmie peut être induite par stimulation rapide durant 1 à 2 mois. Lorsque l’arythmie est neutralisée, on observe un retour à la fraction d’éjection (FE) normale au bout de 6 semaines. Le pronostic est rarement réservé, sauf dans les formes ventriculaires ou lorsque l’arythmie survient sur une cardiopathie préexistante car elles augmentent le risque de mort subite cardiaque.

Toutes les formes d’arythmie peuvent entraîner une CR avec une prévalence plus importante lorsqu’il s’agit de tachycardie atriale focale, d’extrasystoles ou de tachycardie ventriculaire non soutenue. Ainsi, la nosologie des CR regroupe deux formes de cardiopathies :

  • celles dites de type 1, “pures” dans lesquelles seule l’arythmie est responsable de la CR, sa normalisation entraînant une régression de la dysfonction VG ;
  • celles de type 2, qui se définissent par l’exacerbation d’une cardiopathie préexistante par une arythmie, la prise en charge de cette dernière entraînant un retour partiel à la normale de la FE [1-3].

Physiopathologie

La CR résulte de l’imbrication[...]

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À propos des auteurs

Service de Pharmacologie Clinique Fédération des Services de Cardiologie Faculté de Médecine et CHU, Toulouse.

GCVI, Clinique Pasteur, TOULOUSE

GCVI, Clinique Pasteur, TOULOUSE

Unité d’HTA, FDR et Insuffisance Cardiaque, GCVI, Inserm 1048, Clinique Pasteur, TOULOUSE ; GCVI, Clinique Pasteur, TOULOUSE

Unité de Rythmologie, GCVI, Clinique Pasteur, TOULOUSE.

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