Atteintes cardiaques du diabétique

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On estime que 75 % des diabétiques décèdent des complications de l’athérosclérose. C’est la cardiopathie ischémique qui en est la principale cause, mais la part de l’insuffisance cardiaque se développe progressivement avec le vieillissement de la population. Le diabète est souvent considéré comme un équivalent de maladie coronaire, notamment dans les recommandations portant sur les objectifs lipidiques.

En réalité, l’évaluation du risque cardiovasculaire a priori peut être affinée dans cette population. Le diabétique de type 2 a un risque cardiovasculaire très élevé, non seulement en raison du diabète mais aussi des facteurs de risque classiques associés. Il faut également considérer des facteurs de risque spécifiques : microalbuminurie et de façon encore plus marquée macroprotéinurie et insuffisance rénale, mauvais équilibre glycémique, exposition longue (>10 ans) au diabète, rétinopathie et neuropathie autonome cardiaque (NAC). évaluer les conséquences de l’exposition aux différents facteurs ou marqueurs de risque sur des cibles cardiovasculaires communes constitue une autre stratégie d’évaluation du risque. L’ischémie myocardique, la dysfonction endothéliale, la rigidité artérielle ou l’épaisseur intima-media augmentée sont ainsi considérées comme des intégrateurs de risque cardiovasculaire, et peuvent être explorées de façon non invasive par le cardiologue.

Nous développerons dans cet article trois aspects caractéristiques de l’atteinte cardiaque des diabétiques : l’ischémie myocardique silencieuse (IMS), la cardiomyopathie diabétique “vraie” (indépendante d’une atteinte coronaire, d’une HTA et d’une valvulopathie) et la NAC.

Ischémie myocardique silencieuse

L’ischémie myocardique est 2 à 3 fois plus souvent indolore ou silencieuse chez les diabétiques que chez les non -diabétiques. Selon les séries, l’IMS touche 10 à 50 % des diabétiques, et des sténoses coronaires sont retrouvées chez 30-70 % des patients avec IMS. Les données de l’interrogatoire peuvent être difficilement interprétables (angor atypique, parfois douleurs épigastriques voire aucun symptôme). L’examen cardio-vasculaire clinique minutieux et un ECG de repos, qui peut révéler un infarctus du myocarde silencieux [1] ou des signes d’ischémie de repos, doivent être réalisés annuellement. Si ce premier bilan est normal, il faudra envisager des[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Endocrinologie- Diabétologie-Nutrition, CRNH-IdF, Bondy.

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