Comorbidités et insuffisance cardiaque : rôle de l’insuffisance rénale et de l’hyperkaliémie

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L’insuffisance rénale est une complication très fréquente de l’insuffisance cardiaque, aiguë ou chronique, correspondant aux syndromes cardio-rénaux de type 1 et 2. Il s’agit d’une situation complexe, rendant difficile le traitement de l’insuffisance cardiaque, notamment l’utilisation des bloqueurs du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA), générant ainsi un cercle vicieux auto-aggravant pouvant se compliquer d’une hyperkaliémie [1]. Celle-ci est à l’origine d’un double danger, l’un, direct, lié à ses propriétés arythmogènes faisant courir un risque de mort subite et l’autre, indirect, pouvant conduire par une non-utilisation des bloqueurs du SRAA à une perte de chance thérapeutique.

Longtemps cantonnée à une contre-indication ou à une précaution d’emploi des bloqueurs du SRAA, l’hyperkaliémie occupe depuis une dizaine d’années une place centrale dans le traitement de l’insuffisance cardiaque [2]. D’une part, son risque, le plus souvent lié à celui de l’insuffisance rénale, a conduit à l’arrêt de l’utilisation du double blocage du SRAA par l’association d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et d’antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2 (ARA2), qui est contre-indiquée en cas de co-prescription d’un antagoniste des récepteurs minéralocorticoïdes (ARM), puis au retrait du seul anti-rénine développé, l’aliskiren. D’autre part, son caractère souvent dissocié du degré d’altération de la fonction rénale a conduit au développement de nouvelles résines utilisables en traitement chronique, permettant grâce à la correction au long cours de la kaliémie le maintien des traitements bloquant le SRAA.

Nosologie

Le diagnostic précoce et le suivi d’une insuffisance rénale chronique (IRC) reposent sur l’estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) obtenue par l’équation du CKD-EPI qui présente les meilleures performances en termes d’exactitude, bien que l’adaptation des posologies des médicaments ait été réalisée en fonction de la clairance de la créatinine estimée avec la formule de Cockroft. Un DFG < 90 mL/min/1,73 m² définit l’IRC, que l’on classe en 4 stades : minime (60-89), modérée[...]

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À propos des auteurs

Fédération des Services de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, Toulouse. Inserm, U858, Toulouse.

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Fédération de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE. Université Paul Sabatier-Toulouse III ; Faculté de Médecine, TOULOUSE.

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Fédération de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE. UMR UT3 CNRS 5288 Evolutionary Medicine, Obesity and heart failure: molecular and clinical investigations. INI-CRCT F-CRIN, GREAT Networks. Université Paul Sabatier-Toulouse III ; Faculté de Médecine, TOULOUSE. Service de Médecine nucléaire, CHU Toulouse-Rangueil, TOULOUSE.

Fédération de Cardiologie, Pôle Cardiovasculaire et Métabolique, CHU de Rangueil, TOULOUSE.