Une supplémentation en vitamine D ne réduit pas le risque d’événements cardiovasculaires majeurs

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Les études observationnelles ont montré une corrélation inverse entre les taux plasmatiques de vitamine D et le risque d’événements cardiovasculaires (CV) majeurs : plus les taux sont bas et plus le risque est élevé. Cependant, une méta-analyse de 21 essais thérapeutiques contrôlés ayant inclus 83 291 patients afin d’évaluer l’effet de suppléments en vitamine D comparativement au placebo n’a montré aucun effet de réduction des événements CV majeurs. Ce résultat a été homogène, quels que soient les taux plasmatiques de base de vitamine D, les doses de vitamine D utilisées et l’ajout ou non d’apports en calcium.

Un mystère…

La raison en est mal déterminée mais, depuis une vingtaine d’années, les patients qui consultent un médecin ont plus fréquemment des dosages des taux plasmatiques de vitamine D qu’auparavant, et cela, alors qu’ils n’ont aucun signe évocateur de rachitisme ou d’ostéomalacie. Ainsi, par exemple, la Haute autorité de santé (HAS), en 2013, a dû publier une note de cadrage faisant demande à des experts des indications validées du dosage de la vitamine D. Dans cette note, il est indiqué que la CNAMTS a constaté qu’entre 2007 et 2009, la prescription de dosages de vitamine D avait augmenté de 250 % (sans justification au bilan phosphocalcique) et que, depuis 2005, le nombre de dosages avait été multiplié par 10. En 2011, il avait ainsi été réalisé 6,3 millions dosages plasmatiques de vitamine D en France. Ajoutons que l’augmentation de prescription de ces examens est d’autant plus surprenante que les méthodes disponibles de dosage sont peu fiables et que l’écart-type des valeurs de la population saine est compris entre 10 et 55 ng/mL, correspondant à une très large fourchette. Plus encore, toujours d’après la note de cadrage de la HAS, en France, selon l’étude nationale Nutrition Santé 2006-2007, la prévalence des déficiences sévères (< 12,5 nmol/L) était quasi nulle, les déficiences modérées (12,5 -25 nmol/L) s’élevaient à 4,4 % et le risque de déficit (25 – 50 nmol/L) atteignait 36,7 % des personnes âgées de 18 à 74 ans. Plus de la moitié de la population avait un statut vitaminique jugé normal (> 50 nmol/L).
Par ailleurs, les prescriptions de suppléments en vitamine D reposant sur la seule valeur du dosage biologique, dont les seuils ont été augmentés au-delà des valeurs définissant la carence avec[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.

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