Bicuspidie aortique et grossesse

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La bicuspidie aortique peut être considérée comme l’anomalie congénitale la plus fréquente, sa prévalence est estimée entre 0,5 et 2 % avec une prédominance masculine (rapport 3:1). Lorsqu’une valve bicuspide est mise en évidence chez une femme enceinte ou désirant être enceinte, plusieurs aspects doivent être envisagés :
– le fonctionnement de la valve :
présence d’une sténose ou d’une insuffisance ;
– la présence d’une dilatation aortique ;
– la bicuspidie isolée ou dans le cadre d’un syndrome.

Comme dans de nombreuses pathologies cardiaques, il est évidemment préférable de réaliser un bilan complet en préconceptionnel et de discuter les résultats et les potentielles conséquences pour la grossesse avec la patiente et son entourage.

Répercussions hémodynamiques de la grossesse et de l’accouchement

La grossesse s’accompagne de modifications hémodynamiques importantes. Dès la 6e semaine, le volume sanguin va augmenter. Cette croissance se fait rapidement jusqu’à la moitié de la grossesse puis continue sur un rythme plus lent [1]. Comme le nombre de globules rouges augmente moins vite, le taux d’hémoglobine est plus bas, créant une anémie “physiologique” de grossesse. Le débit cardiaque augmente de 50 % au cours de la grossesse suite à la majoration du volume d’éjection en début de grossesse et à l’élévation de la fréquence cardiaque en fin de grossesse. La pression artérielle diminue en début de grossesse pour atteindre son nadir au milieu de la grossesse et reprendre des valeurs prégestationnelles en fin de grossesse. Ces modifications sont dues à une diminution des résistances vasculaires systémiques suite à une diminution du tonus vasculaire.

Le travail et l’accouchement donnent aussi lieu à des modifications hémodynamiques, notamment lors des contractions avec, entre autres, une élévation des pressions artérielles systolique et diastolique. C’est pourquoi, dans certains cas, une césarienne sera conseillée. Il faut toutefois se rappeler que certaines drogues utilisées pendant l’anesthésie peuvent aussi induire des modifications hémodynamiques (vasoconstriction, par exemple). Immédiatement[...]

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À propos de l’auteur

Cliniques universitaires Saint-Luc, Département de Pathologie cardiovasculaire, Bruxelles, Belgique.

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