Endocardite infectieuse sur dispositif électronique intracardiaque

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Il y a deux documents récents (2015) importants sur les endocardites infectieuses (EI) sur dispositif électronique intracardiaque (DEIC) :

  • l’un par la Société européenne de cardiologie, qui leur consacre un chapitre dans son document de recommandations sur l’EI [1], dont le présent texte s’inspire largement ;
  • l’autre par la Société britannique d’antibiothérapie (British Society for Antimicrobial Chemotherapy, BSAC), conjointement à la Société britannique de cardiologie, qui est un texte de recommandations dévolu aux infections des DEIC, pas seulement aux EI [2].

Les recommandations de la Société européenne de cardiologie sont présentées dans le tableau I. La prise en charge proposée par la BSAC est résumée dans la figure 1.

L’EI sur DEIC est une affection sévère, à la létalité élevée. L’augmentation des implantations de DEIC, en particulier chez les sujets plus âgés, qui ont davantage de comorbidités, explique l’augmentation de la fréquence des EI sur DEIC [3].

Il faut distinguer l’infection locale – au niveau du boîtier – de l’EI, où il y a extension de l’infection aux électrodes, au tissu valvulaire et/ou à la surface endocardique. Mais la différenciation entre l’une et l’autre est souvent difficile.

Les staphylocoques (et les bactéries Gram-positives en général) sont responsables de la majorité des infections de DEIC. Les bactéries Gram-négatives sont en cause dans 15 % environ des infections. Les hémocultures sont négatives dans environ 15 % des cas.

Diagnostic

La présentation clinique est souvent trompeuse, avec surtout des symptômes respiratoires et rhumatologiques et des signes locaux d’infection [4]. L’EI sur DEIC doit être suspectée en cas de fièvre inexpliquée chez un patient porteur d’un DEIC. La fièvre est souvent atténuée, en particulier chez le sujet âgé. L’échocardiographie et les hémocultures sont les pierres angulaires du diagnostic.

L’échocardiographie permet de voir les végétations sur les électrodes et l’atteinte de la valve tricuspide ; elle quantifie l’importance de la régurgitation tricuspide et la taille des végétations. Elle doit être refaite après l’extraction du DEIC. L’échocardiographie transœsophagienne (ETO) a une sensibilité et une spécificité supérieures à celles de l’échocardiographie transthoracique (ETT) pour le diagnostic d’une EI sur DEIC [5]. Du fait de leur rôle complémentaire, il est recommandé de réaliser à la fois une ETT et une ETO en cas de suspicion d’EI[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, Hôpital Louis Pradel, BRON.

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