Prolapsus valvulaire mitral et mort subite ou la longue histoire inachevée d’une controverse

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Une pathologie du tissu valvulaire définie par des critères échocardiographiques

La responsabilité du prolapsus valvulaire mitral (PVM) dans la survenue de certaines morts subites rythmiques nourrit une longue controverse qui remonte au début des années 1980 et s’inscrit dans le débat toujours en cours entre dysfonctionnement valvulaire bénin et valvulopathie maligne. Son origine tient vraisemblablement dans l’extraordinaire hétérogénéité de cette maladie valvulaire et dans la difficulté de sa définition échographique.

La première description du clic mésosystolique suivi du souffle télésystolique date de 1963 [1], interprété par le cardiologue sud-africain John B. Barlow comme l’expression acoustique du prolapsus de la valve mitrale. Vingt ans plus tard, cette maladie du tissu valvulaire secondaire à l’infiltration des feuillets mitraux et de l’appareil sous-valvulaire par des mucopolysaccharides était devenue une maladie purement échographique.

Les critères diagnostiques échographiques retenus à l’époque sont à l’origine de la première controverse relative à la prévalence du PVM, estimée au début des années 1980 entre 5 et 17 % de la population générale [2]. Cette surestimation était corrigée quelques années plus tard grâce à la découverte de la forme en selle de l’anneau mitral expliquant les faux aspects de PVM en coupe apicale 4 cavités [3]. L’application de nouveaux critères échographiques, réservant le diagnostic de prolapsus au seul recul des feuillets mitraux observé en coupes long axe, permettait d’établir à la fin des années 1990 la réelle prévalence du PVM, estimée entre 1 et 2,5 % de la population. Le PVM n’en reste pas moins, avec la bicuspidie aortique, la valvulopathie la plus fréquente, touchant près de 150 millions d’individus dans le monde [4].

La seconde ambiguïté est le reflet d’études contradictoires publiées dans les années 1980 et 1990, qui ont longtemps balancé entre valvulopathie sévère avec une incidence de complications cardiovasculaires touchant près de la moitié des patients étudiés [5, 6] et dysfonctionnement valvulaire bénin avec un taux d’événements n’excédant pas celui d’une population contrôle [4]. L’évolution[...]

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À propos des auteurs

Service de Cardiologie, Unité Insuffisance cardiaque et Valvulopathies, Hôpital de la Timone, MARSEILLE.

Service de Cardiologie, Unité de Rythmologie, Hôpital de la Timone, MARSEILLE.