Éditorial : Hypertension artérielle et grossesse : ce que doit savoir le cardiologue

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La Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA) veut jouer pleinement son rôle de société savante, c’est-à-dire aider à la transmission des données actuelles de la science, aider les médecins à mieux prendre en charge ce “tueur silencieux”, aider les patients à prendre conscience de leur maladie chronique et, enfin, aider les décideurs à mettre en œuvre les décisions de santé publique les plus adaptées en matière de parcours de soins des patients. Dans cet esprit, ces dernières années, la SFHTA a publié plusieurs recommandations dans différentes situations d’HTA [1-3].

La problématique de l’HTA de la grossesse est une problématique beaucoup moins prévalente que d’autres problématiques d’HTA, notamment en cardiologie libérale. Néanmoins, la Société a tout de même voulu mettre en place un groupe de travail pour la réalisation de recommandations dans cette thématique puisqu’il a été considéré que les patientes présentant une HTA lors d’une grossesse avaient une prise en charge fortement hétérogène, pas toujours optimale et, enfin, que des complications gravissimes pourraient probablement être évitées par une prise en charge plus adaptée et/ou une meilleure organisation des soins.

En effet, l’HTA au cours de la grossesse est le premier marqueur de risque de morbidité et de mortalité maternelle et fœtale [4-8]. Dans une étude récente de population, la mortalité maternelle a été de 12/100 000 pour les femmes ayant eu une hypertension en comparaison à 2,8/100 000 si la pression artérielle était normale [4]. La disparité est cependant telle entre les régions du monde [5, 9, 10] que ce consensus n’a abordé que la problématique observée dans les pays développés où, selon l’Organisation des Nations Unies, elle représente 16 % de la mortalité maternelle [6, 9]. Sa fréquence (6 à 10 % des grossesses aux États-Unis et en Europe) [11] et la gravité potentielle des pathologies auxquelles l’HTA est associée, à la fois pour la mère et pour l’enfant, nécessitent d’uniformiser et d’optimiser les pratiques médicales. C’est l’objectif principal de ce consensus.

En effet, la survenue d’une hypertension au cours de la grossesse perturbe l’organisation “classique” des soins. Plusieurs intervenants sont sollicités : le médecin généraliste, l’obstétricien, le gynécologue, la sage-femme, le cardiologue, le néphrologue. Il n’y a pas toujours de coordonnateur des soins et les décisions sont parfois prises avec retard. Ces éléments ont incité la SFHTA, en partenariat avec le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), à élaborer un consensus proposant des recommandations simples et opérationnelles. Sensibiliser les femmes et tous les professionnels de santé[...]

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À propos de l’auteur

Université Paris Descartes ; Centre de Diagnostic et de Thérapeutique, Unité Hypertension Artérielle, Prévention et Thérapeutique Cardiovasculaire, Hôpital Hôtel-Dieu, Paris.

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