Ventricule gauche et polyvalvulopathies

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Les patients porteurs de valvulopathies multiples sont relativement nombreux : ils représentent 20 % des valvulopathies natives opérées dans l’Euro Heart Survey [1] et environ 9 % des patients de la base de données de la Society of Thoracic Surgery (STS) entre 1986 et 1995 [2]. Toutefois, peu ou pas d’études cliniques se sont spécifiquement intéressées à ces patients, avec pour conséquence un niveau d’évidence C
dans les recommandations actuelles fondées essentiellement sur des consensus d’experts. Un certain nombre de critères échocardiographiques de sévérité utilisés dans les valvulopathies natives sont pris en défaut dans ce cadre pathologique du fait des conséquences d’une des valvulopathies sur l’autre [3].

  • La fibrillation atriale (FA) est relativement fréquente et peut compliquer l’évaluation des valvulopathies et du ventricule gauche (VG). Une bonne compréhension des mécanismes physiopathologiques et des conséquences ventriculaires gauches des valvulopathies isolées et de leur combinaison est nécessaire afin d’évaluer au mieux ces patients complexes pour leur proposer une prise en charge thérapeutique adaptée qui sera le plus souvent décidée au cas par cas en concertation multidisciplinaire (“Heart Team”).
  • La combinaison d’un rétrécissement valvulaire aortique et d’une insuffisance mitrale est une situation relativement fréquente en routine clinique. Le rétrécissement aortique (RA) est classiquement responsable d’une hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) concentrique (petite cavité, parois épaisses). L’insuffisance mitrale (IM) peut être primaire, c’est-à-dire liée à une maladie intrinsèque de la mitrale comme, par exemple, un prolapsus valvulaire. Dans ce cas, la fuite mitrale si significative va s’accompagner d’une surcharge volumétrique du ventricule gauche. On va donc observer paradoxalement un rétrécissement aortique serré sur la surface (surface fonctionnelle aortique < 1 cm2), malgré un gradient transvalvulaire aortique paradoxalement bas du fait du bas débit transaortique lié à la fuite mitrale (fig. 1).

La présence d’une dilatation du VG contraste avec l’hypertrophie ventriculaire gauche concentrique retrouvée dans les rétrécissements aortiques paradoxaux à bas débit-bas gradient (fig. 1). Le calcul de la fraction régurgitée en soustrayant le volume d’éjection systolique (VES) mesuré en Simpson ou en 3D du VES mesuré en Doppler dans la chambre de chasse aortique permet de quantifier la fraction régurgitée (FR) de la fuite, une FR > 40 % étant en faveur d’une IM importante (grade III-IV) [4].

L’IRM cardiaque peut[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, Centre des valvulopathies, Groupement des hôpitaux de l’Institut catholique de Lille, Hôpital Saint-Philibert, Lille.

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