Traitement de la carence martiale en cardiologie

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La correction de la carence martiale, qu’elle soit associée ou non à une anémie, est devenue une des cibles du traitement de l’insuffisance cardiaque du fait de son impact négatif sur les performances à l’effort et le pronostic des patients. Un déficit en fer mérite d’être systématiquement recherché, comme le soulignent les recommandations de la Société Européenne de Cardiologie [1, 2].

La voie orale reste le traitement de première intention selon les recommandations de la HAS en raison de son faible coût et de son caractère non invasif, avec un apport de 100 à 200 mg/jour de fer ferreux au moins pendant 3 mois. Néanmoins, cet apport per os ne corrige que 30 % environ des carences martiales au cours de l’insuffisance cardiaque. Cela est dû à une mauvaise absorption digestive (limitée par l’œdème intestinal et la contre-régulation de l’hepcidine secondaire à la fréquence d’un état inflammatoire dans l’insuffisance cardiaque évoluée) et à une mauvaise observance liée aux nombreux effets indésirables gastro-intestinaux du fer per os (constipation, dyspepsie, ballonnements, nausées, diarrhées, brûlures) touchant jusqu’à 20 % des patients. Le recours à la voie veineuse est donc fréquemment nécessaire.

Le fer peut alors être administré par voie intraveineuse, enveloppé d’hydrates de carbone du fait de son effet oxydant à l’état libre, préparations susceptibles d’être à l’origine de réactions anaphylactiques. Les patients ayant des allergies connues ou souffrant de maladies immunitaires peuvent avoir un risque augmenté. Le dextrane pouvant entraîner des réactions anaphylactiques gravissimes, il faut lui préférer le saccharose (Vénofer®) ou le carboxymaltose (Ferinject®).

Les premiers essais thérapeutiques, réalisés avec ces différents types de fer administrés par voie intraveineuse sur quelques dizaines de sujets, ont rapporté, chez des patients avec ou sans anémie, une amélioration des performances à l’effort, avec une augmentation du pic de consommation en O2 et du temps d’exercice [3]. Cette augmentation était associée à une amélioration de la fonction myocardique, avec une action inotrope et lusinotrope positive en analyse Doppler tissulaire [4], et à un effet de remodelage inverse, avec diminution des volumes télésystoliques et télédiastoliques ventriculaires gauches ainsi qu’une augmentation de la fraction d’éjection [5].

L’étude FAIR-HF [6], essai multicentrique conduit en double aveugle chez 459 patients, a confirmé ces résultats favorables, retrouvant sous l’effet d’injections de fer carboxymaltose une amélioration des symptômes et de la classe fonctionnelle de la[...]

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À propos de l’auteur

Fédération des Services de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, Toulouse. Inserm, U858, Toulouse.

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