Epidémiologie et intérêt clinique de l’IPS dans l’AOMI

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C’est en 1950 à Los Angeles que Winsor [1] réalise son travail princeps comparant la pression des membres inférieurs et supérieurs de 6 artériopathes et 6 sujets sains par pléthysmographie. Il note chez le sujet sain un gradient de pression de la racine vers l’extrémité de chaque membre, plus élevé au niveau des membres inférieurs que supérieurs. Cette augmentation de pression systolique de l’aorte vers la distalité de ses branches est en rapport avec une amplification de l’onde de pouls, due à la réflexion de l’onde pulsatile au niveau des artères périphériques. Tout en gardant une pression moyenne stable, la pression systolique est de 20 à 30 % supérieure dans une artère distale par rapport à la racine aortique.

Plus tard, Stegall et al. [2] et Kazamias et al. [3] retrouvent un bonne corrélation entre la mesure de pression par Doppler et par voie sanglante et, en 1969, Carter [4] retrouve un index cheville/bras toujours anormal (< 0,95) en cas de sténoses artérielles. Yao et al. [5] démontrent qu’en cas de sténose serrée, le rapport de pression cheville/bras est inférieur à 1, diminuant proportionnellement avec la gravité des lésions. L’index de pression systolique (IPS) était né. Il s’est propagé en quelques années, avec la généralisation des méthodes ultrasonores en pratique clinique (fig. 1).

IPS et diagnostic d’AOMI

En pratique, la valeur seuil la plus admise pour faire le diagnostic de l’AOMI est de 0,90, mais ce choix a été fait à partir de données anciennes, basées sur des comparaisons avec l’artériographie, selon des critères diagnostiques variables pour définir la maladie. Comparé à l’artériographie ayant pour référence la présence de sténoses > 50 %, Bernstein et Fronek [6] présentent pour un IPS < 0,90 une sensibilité de 90 % et une spécificité de 95 %.

La question du seuil a son importance, non seulement pour déterminer les performances diagnostiques de ce test, mais aussi lors de la détermination de la prévalence de l’AOMI. En effet, une variation de 0,05 d’IPS (par exemple en baissant le seuil à 0,85 au lieu de 0,90) peut faire varier l’estimation de la prévalence de l’AOMI de 10 à 20 %, du fait de la distribution de l’IPS, qui n’est pas de type gaussienne (fig. 2). Tenant compte des biais de sélection inhérents à un recrutement clinique, Lijmer et al. [7] ont déterminé une valeur seuil de 0,97, avec une sensibilité de 84 % et une spécificité de 88 %. Malgré ces travaux, le seuil de 0,90[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, CHU, Limoges.

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