Greffe cardiaque et assistance chronique : état actuel

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Les progrès de la prise en charge médicale des patients insuffisants cardiaques avec dysfonction systolique au cours des vingt dernières années se sont traduits par une amélioration de la survie et de la qualité de vie grâce à la prescription des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), des bêtabloquants, des antagonistes de l’angiotensine 2, des anti-aldostérones aux stades avancés ou en post-infarctus, de la resynchronisation cardiaque et du défibrillateur, et enfin à l’organisation d’une prise en charge multidisciplinaire basée sur l’éducation du patient et la coordination des soins [1, 2].

Cette prise en charge a eu aussi pour conséquence une modification du profil clinique des patients et une augmentation importante des patients en insuffisance cardiaque avancée.

Le contexte : forte croissante de l’insuffisance cardiaque avancée, pénurie de greffons, les superurgences

La prévalence de l’insuffisance cardiaque est estimée en Europe entre 2 et 3 % de la population, avec 15 millions de patients atteints d’insuffisance cardiaque symptomatique. Les patients en insuffisance cardiaque avancée représentent environ 0,4 % de la population, soit environ 60 000 patients. Si l’on estime qu’environ 50 % ont une altération de la fonction systolique et que 30 % sont âgés de moins de 65 ans, on peut estimer qu’il existe environ 10 000 patients en Europe chez qui peut se discuter une greffe, un cœur artificiel total ou une assistance circulatoire.

Les centres référents doivent faire face à une augmentation croissante de patients très invalidés et à risque élevé de mortalité. Au stade d’insuffisance cardiaque avancée, il est fréquent que les IEC et bêtabloquants soient mal tolérés (hypotension, hyperkaliémie, mauvaise tolérance rénale, asthénie) et que leurs doses doivent être diminuées, ou qu’ils doivent être arrêtés [3], d’autant que les bénéfices des IEC à long terme semblent être moins marqués [4]. Pour contrôler la congestion, les posologies de diurétiques doivent être fortement augmentées. La réduction de la mortalité rythmique notée dans les essais[...]

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À propos de l’auteur

Clinique cardiologique et des maladies vasculaires, l'Institut du thorax, INSERM, UMR915, CHU, Nantes.

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