Post-conditionnement pharmacologique

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Ces dernières décennies, le développement des stratégies de désobstruction coronaire précoce a notablement amélioré le pronostic des patients atteints d’infarctus du myocarde. Revers de la médaille, la reperfusion coronaire est à l’origine de lésions myocardiques irréversibles venant en partie altérer les bénéfices de la restauration du flux dans l’artère précédemment occluse. Ces effets néfastes dénommés lésions de reperfusion constituent une cible thérapeutique d’importance majeure [1].

Réduire les lésions de reperfusion revient à diminuer la masse de myocarde nécrosé, élément déterminant du pronostic à long terme. Les médicaments actuellement prescrits pour prévenir l’évolution de la maladie athéromateuse et bloquer le remodelage myocardique post-infarctus n’ont pas d’impact sur la taille de la nécrose. Au niveau expérimental, la première intervention thérapeutique ayant démontré une efficacité sur ce paramètre est le pré-conditionnement mécanique réalisé par de brèves séquences d’ischémie-reperfusion précédant une ischémie prolongée [2]. En clinique, la survenue d’une thrombose coronaire imprévisible ne laisse aucune place au pré-conditionnement mécanique dans le contexte de l’infarctus.

Le post-conditionnement intracoronaire a des perspectives cliniques beaucoup plus intéressantes [3]. Ces séquences d’ischémie-reperfusion réalisées non plus avant l’ischémie prolongée mais dès la première minute de reperfusion ont été appliquées avec succès dans plusieurs modèles animaux et récemment chez l’Homme [4, 5]. Chez des patients traités par angioplastie primaire pour un infarctus du myocarde en cours de constitution, la technique a consisté à regonfler le ballon d’angioplastie dans la minute suivant la désobstruction de façon à réaliser 4 cycles d’occlusion coronaire d’une minute espacés d’une minute de reperfusion [5]. Ce post-conditionnement a significativement réduit l’importance de la nécrose évaluée sur la cinétique des CPK [6].



Aussi prometteur soit-il, le post-conditionnement intracoronaire n’est applicable qu’aux patients reperfusés par angioplastie à la phase aiguë d’un infarctus. Même si nous ne savons pas encore complètement comment fonctionne la cardioprotection induite par le post-conditionnement intracoronaire, la compréhension de plusieurs mécanismes cellulaires impliqués laisse entrevoir un possible post-conditionnement pharmacologique. Pré- et post-conditionnement mécanique (c’est-à-dire induits par de brèves séquences d’ischémie-reperfusion) induisent l’activation de la voie de signalisation intracellulaire RISK (reperfusion ischemic salvage kinases). L’induction en cascade de la phosphorylation de plusieurs protéines[...]

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À propos de l’auteur

UPRES 3860 “Protection et Remodelage du Myocarde” Université d’Angers et Service de Cardiologie, CHU, Angers.

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