Gliflozines et agonistes des récepteurs au GLP-1. Combien de temps encore pour qu’un bénéfice clinique réel dans la prise en charge du diabète de type 2 profite enfin aux diabétiques de type 2… et à ceux qui ne le sont pas ?

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“La science est un jeu dont la première règle consiste à trouver quelle est la règle du jeu.”
~ François Cavanna (1923-2014)

Au terme du congrès de la Société européenne de cardiologie et après les présentations des résultats des études EMPEROR-Reduced et DAPA-CKD, il ne fait plus de doute que des traitements initialement développés pour diminuer la glycémie chez des diabétiques de type 2, sont des traitements majeurs en thérapeutique y compris chez les non-diabétiques. Ainsi, ces deux études ont démontré que deux gliflozines différentes améliorent respectivement, pour l’une, l’empagliflozine, le pronostic de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite, et, pour l’autre, la dapagliflozine, celui de l’insuffisance rénale avec protéinurie au point même de diminuer la mortalité totale.

Pourtant ces traitements, dont les premières demandes d’autorisation de mise sur le marché avec prise en charge par la solidarité nationale en France datent de plus de 6 ans maintenant, ne sont soit pas disponibles à la prescription (cas de l’empagliflozine), soit en accès restreint, la première prescription, pour être honorée, devant être faite par un diabétologue (cas de la dapagliflozine).

Pourquoi cela ? L’avis de la Commission de la Transparence de février 2019 relatif à l’empagliflozine est clair sur ce point : l’effet bénéfique de ces molécules, démontré dans leurs études d’évaluation contre placebo, n’a pas été retenu comme validé car il n’était pas l’objectif primaire de ces études.

Ce billet a pour objectif de montrer en quoi une réalité plus large que celle évaluée par un protocole doit être prise en compte concernant cette classe thérapeutique.

L’important dans la recherche, c’est l’imprévisible 1

1 François Jacob et François Gros, Science de la vie et société. La Documentation française, 1978.

Vous connaissez peut-être cette boutade ayant pour objectif de décrédibiliser la rigueur inhérente à la recherche scientifique : “Christophe Colomb n’a pas découvert l’Amérique, car ce n’était pas l’hypothèse[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.