Infarctus du sujet jeune : spécificités épidémiologiques et facteurs de risque

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Définition et épidémiologie

Curieusement, il n’existe aucune définition précise du “sujet jeune” et du “sujet âgé”, y compris par les sociétés savantes. Selon les séries rapportées, l’infarctus du myocarde (IDM) du sujet jeune est le plus souvent défini par un âge ≤ 40 ans, ≤ 45 ans ou ≤ 50 ans (ce qui représente en France dans l’enquête FAST-MI 2015 [enquête nationale sur la prise en charge des patients admis pour un IDM dans tous les centres volontaires pendant 1 mois] respectivement 2,6 %, 6,5 % et 23,9 % des patients admis en unité de soins intensifs pour un IDM) [1-3].

Peu de données épidémiologiques ont été rapportées dans cette population. En ce qui concerne l’incidence, les résultats sont très différents selon les sources, la période et la définition utilisée. Dans la cohorte Framingham, l’incidence des IDM chez les sujets jeunes (définis par un âge < 55 ans) était de 51,1/1 000 chez les hommes et 7,4/1 000 chez les femmes [4]. En revanche, aux États-Unis, dans le Massachusetts, l’incidence était de 66/100 000 entre 1975 et 2005 [5]. Toutefois, la prévalence de la maladie coronaire prématurée est probablement sous-évaluée, comme le suggèrent les résultats d’autopsies réalisées chez des sujets de 35 ans et moins chez lesquels des lésions coronaires athérothrombotiques ont été retrouvées dans environ 20 % des cas [6].

Profil de risque

La majorité des patients jeunes pris en charge pour un IDM rapporte au moins 1 des 3 facteurs de risque suivants : sexe masculin, tabagisme actif et/ou hérédité coronarienne précoce (tableau I). En revanche, les autres facteurs de risque “classiques” comme l’hypertension artérielle ou le diabète sont plus rarement rapportés [1, 2, 7, 8]. L’IDM du sujet jeune touche préférentiellement les hommes avec une prévalence comprise entre 79 et 95 % selon les séries [1]. Dans l’enquête FAST-MI 2015, 85 % des patients (≤ 45 ans) pris en charge étaient des hommes.

Le tabagisme actif est rapporté comme le principal facteur de risque dans cette population. Selon les séries, la prévalence du tabagisme chez les sujets jeunes pris en charge pour un IDM varie de 51 % à 89 % [1, 9]. En France, cela représente 77 % des patients (≤[...]

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À propos de l’auteur

Département de Cardiologie,
 Hôpital européen Georges-Pompidou, PARIS.

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