Sur l’hydroxychloroquine dans les maladies dues au coronavirus

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“Le bayésianisme consiste à supposer que tout modèle, toute théorie ou toute conception de la «réalité» n’est que croyance, fiction ou poésie : en particulier, «tous les modèles sont faux». Les données empiriques doivent ensuite nous forcer à ajuster l’importance ou la foi que l’on assigne aux différents modèles. De façon générale, la manière dont ces croyances sont ajustées doit obéir aussi rigoureusement que possible à la formule de Bayes.”

Lê Nguyên Hoang, in La Formule du savoir. Edp Sciences, 2018.

Actualité oblige – et quelle actualité ! – la série “30 ans de cardiologie” est transitoirement interrompue pour faire place à une mise au point sur la polémique médiatique récente concernant l’éventuelle efficacité de l’hydroxychloroquine dans les maladies dues à un coronavirus dénommé SARS-COV-2. Pour rappel, COVID-19 est le nom de la maladie due au virus et non celui du virus. Par simplification, le nom générique “coronavirus”, plus usuel et plus facile à prononcer, sera utilisé dans ce billet pour parler du SARS-COV-2.

La question que nous souhaitons analyser est : peut-on affirmer, au terme des 3 études produites par une équipe de chercheurs marseillais conduite par le Pr Didier Raoult, que l’hydroxychloroquine, associée ou non à l’azithromycine, améliore le pronostic des patients contaminés par le coronavirus ?

L’équipe marseillaise l’affirme et, du fait de la mise en avant des 3 études qu’elle a effectuée et de l’argument d’autorité émanant d’un chercheur reconnu en microbiologie, beaucoup sont enclins à le croire et souhaiteraient recevoir le traitement s’ils devaient être contaminés. Ils s’étonnent même qu’une sorte de barrage paraisse être appliqué à la prescription de ce traitement allant jusqu’à faire allusion à une théorie du complot des élites contre un sage. Cependant, de nombreux scientifiques indiquent qu’aucune de ces études ne permet de répondre de façon fiable à la question posée. Cela n’exclut pas qu’éventuellement le traitement soit efficace mais, en l’état actuel des données disponibles, cela ne reste qu’une hypothèse comme nous le verrons.

Notre objectif dans ce billet est d’analyser certains des éléments de cette controverse scientifique devenue polémique. Précisons qu’à l’heure où ces lignes seront lues, le débat sera peut-être tranché, mais que tel n’est pas le cas à l’heure où elles sont écrites.

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.

3 commentaires

  1. Franchement chapeau.
    Je lis tous vos articles avec bonheur… Mais cela crée un biais car j’ai davantage tendance à vous croire…
    Continuez.
    Merci
    P. Taboulet – Cardio – Saint-Louis (APHP)

  2. bougam@yahoo.fr sur

    Pr Dievart, comment expliquer que le taux de mortalité a Marseille,( où les patients sont sous le protocole préconise par le Pour Raoult), est le plus bas de France. Ainsi qu’au Maghreb où on utilise le même traitement, les résultats sont très bons. En Algérie sur près de 10000 cas sous ce traitement on enregistre une faible mortalité( comme en Tunisie et au Maroc) et moins d’une trentaine de cas en réanimation intensive.. Est-ce un pour hasard. Par essence la médecine est empirique, et l’EBM actuelle est parfois influencée par l’industrie pharmaceutique et des rivalités personnelles etc…

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