L’antidote : restez calme et continuez (épisode 4)

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“On mesure l’intelligence d’un individu
à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter.”

~ Emmanuel Kant

La publication en novembre 2018 du livre de Steven Pinker, “Le triomphe des Lumières. Pourquoi il faut défendre la raison, la science et l’humanisme”, a conduit à en proposer une mise en perspective à travers quatre billets dont voici le dernier. Après avoir abordé dans les trois précédents billets quelques notions sur la part individuelle de l’erreur humaine, notamment les biais cognitifs, puis le cadre structurel entretenant les erreurs et, enfin, les vérités méconnues fournies par la science quant à l’évolution du monde, il reste dans ce dernier billet à aborder certaines notions ayant permis et devant permettre de progresser vers l’établissement d’un jugement plus rationnel, c’est-à-dire concordant avec les réalités.

Le facteur principal permettant de progresser est d’abord individuel : il s’agit de l’esprit critique mettant en action le système 2 de David Kahneman ou raisonnement logique. Progressivement, c’est-à-dire sur une échelle de plusieurs siècles, cette mise en action du raisonnement a conduit à élaborer des stratégies globales permettant de créer des facteurs majeurs de progrès, généraux ou structurels, parmi lesquels trois sont essentiels : la philosophie, la science et la démocratie.

La philosophie

Pour certains, la philosophie est un processus rébarbatif, “qui brasse du vent”, discute de tout et de rien mais n’agit pas. D’ailleurs, certains disent qu’en philosophie, pour paraphraser Coluche, “on ne comprend même pas la question posée”. Il s’agit d’une vision triviale de la philosophie mais ô combien partagée.

De fait, il est admis que la philosophie, ou plutôt le raisonnement philosophique, est née en réaction contre des modes de raisonnement inappropriés et ce, afin d’élaborer un discours reposant sur la logique, c’est-à-dire sur des prémisses permettant par déduction de qualifier de vraie une conclusion (modèle du “si… alors”). Il s’agissait de trouver dans le langage et la communication les éléments qui relèvent d’une logique conférant au discours la plus grande véracité possible.

Ainsi, en réaction à une explication des phénomènes reposant sur la mythologie et surtout, en réaction à l’école[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.

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