Le silence est d’or ? Pas toujours…

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S’il est un domaine dans lequel “le silence”, c’est-à-dire l’absence de symptômes, est délétère, c’est bien celui de la fibrillation atriale. En effet, les plaintes associées à ce trouble du rythme peuvent être extrêmement variables, quantifiées selon la classification européenne European Heart Rhythm Association – EHRA (de 1 : asymptomatique à 4 : mauvaise tolérance). Les symptômes du patient, lorsqu’ils existent, sont de différents types, comme des palpitations, des précordialgies, de la dyspnée, parfois des lipothymies. Ils déclenchent l’instauration rapide d’un traitement anticoagulant, afin de prévenir efficacement la survenue d’un accident embolique, à destinée essentiellement cérébrale.

À l’inverse, en l’absence de signes annonciateurs, le risque embolique ne pourra être anticipé ni traité et, par conséquent, la survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC) signera d’emblée l’existence possible d’une fibrillation atriale (FA) pour un patient donné. Il est par ailleurs généralement admis que 20 à 30 % des événements cérébraux ischémiques sont dus à cette arythmie et des épisodes silencieux de FA paroxystique sont également diagnostiqués de plus en plus fréquemment après la survenue d’un AVC.

Le binôme cardiologue-neurologue paraît donc essentiel, d’une part, pour traiter l’événement neurologique et rechercher efficacement une possible FA silencieuse afin d’éviter les récidives, et, d’autre part, pour sensibiliser la communauté médicale et la population à l’importance du dépistage de cette arythmie en amont d’un accident neurologique dans le but de le prévenir. C’est dans cet esprit de collaboration pluridisciplinaire que nous avons voulu construire ce numéro spécial de Réalités Cardiologiques, afin d’avoir une vision globale et réaliste de cette pathologie cardiaque aux conséquences neurologiques parfois dramatiques.

Dans cette croisade contre le risque embolique, une alliance s’est ainsi tout naturellement tissée entre neurologues et cardiologues, ces derniers ayant assumé depuis de nombreuses années que l’enjeu de la fibrillation atriale n’était pas tant lié à l’arythmie qu’à l’embolie… Cette synergie entre les deux disciplines s’est encore renforcée avec la mise en place des stroke centers, de la neurologie interventionnelle, mais aussi depuis l’avènement des nouveaux anticoagulants (AODs) dont l’apport en termes d’efficacité, de rapport risque/bénéfice et certainement d’observance est aujourd’hui incontestable.

Cet esprit de consensus et de collaboration se retrouve dans les toutes dernières recommandations européennes sur la fibrillation atriale telles qu’elles ont récemment[...]

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À propos de l’auteur

Département de Rythmologie, Clinique Pasteur, Toulouse.

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