Ce que le cardiologue doit connaître du métabolisme du fer

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Le rôle du fer dans l’organisme ne se limite pas au transport de l’oxygène par l’hémoglobine. Il participe, en effet, à de très nombreuses réactions enzymatiques essentielles à la vie, telles que les réactions d’oxydoréduction de la chaîne respiratoire mitochondriale ou encore la protection contre le stress oxydatif. Cette ubiquité et ce caractère indispensable expliquent que le métabolisme du fer fasse l’objet d’une régulation très fine. L’homéostasie du fer – c’est-à-dire l’équilibre de fonctionnement du système en dépit des contraintes extérieures – est primordiale, car  une surcharge serait toxique, tandis que la carence conduirait notamment au risque d’anémie, dont les conséquences sévères peuvent être hautement préjudiciables. Mais la carence en fer existe bel et bien avant qu’apparaisse une anémie. Dès lors, elle peut être difficile à reconnaître sur le plan clinique. En effet, sa symptomatologie se limite souvent à une fatigue avec baisse des capacités physiques liée à une diminution de l’efficacité énergétique et au dysfonctionnement mitochondrial.

Le fer existe dans l’organisme sous deux formes, ion Fe2+ et ion Fe3+. Le fer libre est hautement toxique, à l’origine de stress oxydatif et d’atteintes intracellulaires. C’est la raison pour laquelle il est porté par des protéines, la transferrine, le récepteur de la transferrine et la ferritine, tant pour son transport que pour son stockage. Comme son nom l’indique, la transferrine (encore appelée sidérophiline) transporte le fer, tant dans le plasma que dans les autres liquides extracellulaires. Son récepteur, présent sur la membrane des cellules dont le fonctionnement métabolique nécessite du fer, va permettre à la transferrine circulante de se fixer et de pénétrer dans la cellule. C’est la ferritine, une autre protéine, qui stocke le fer sous une forme disponible dans les tissus. Ainsi, le taux de ferritine sérique est un reflet précis du niveau des réserves tissulaires en fer. Un taux inférieur à 100 µg/L signe une carence de ce fer de réserve. Quant à une concentration sérique de la transferrine (CST) basse, inférieure à 20 %, elle témoigne d’une réduction de la délivrance de fer aux érythroblastes et, plus globalement, d’une carence martiale.

Chaque jour, dans le cadre d’une alimentation variée normale, un individu ingère environ 10 mg de fer. Les cellules duodénales n’en absorberont guère plus que[...]

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À propos de l’auteur

Medsys (Health Policies & Health Economics), NEUILLY-SUR-SEINE.

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