Insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée : le rôle des comorbidités

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L’insuffisance cardiaque (IC) à fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) préservée est, depuis plus d’une décennie, un problème cardiologique quotidien. Il s’agit d’un problème de cardiologie hospitalière (publique et privée) en raison des nombreuses décompensations aiguës, mais également de cardiologie ambulatoire en raison de la fréquence des patients atteints (avec dyspnée chronique et/ou antécédent d’hospitalisation pour décompensation). Quelles que soient les études (essais thérapeutiques, registres et/ou enquêtes épidémiologiques), les comorbidités sont fréquentes. Ainsi, dans le registre européen EORP Pilot, 74 % des patients ont au moins une comorbidité [1]. Certaines sont tellement fréquentes que l’on peut se demander s’il s’agit “seulement” de comorbidités (au sens littéral, autres pathologies souvent chroniques, concomitantes, c’est-à-dire présentes simultanément chez un même patient) ou si elles ne participent pas directement (c’est-à-dire si elles ne représentent pas un facteur de risque, voire une condition nécessaire) au syndrome de l’IC à FEVG préservée.

Qu’il s’agisse d’une comorbidité “fortuite”, car pathologie fréquente, ou d’un authentique facteur de risque de l’IC à FEVG préservée, ces comorbidités perturbent parfois la prise en charge et aggravent souvent le pronostic. Nous verrons donc, pour les comorbidités les plus souvent observées chez les patients atteints d’IC à FEVG préservée, quels sont les données épidémiologiques et les liens physiopathologiques potentiels. Ces comorbidités peuvent appartenir à “la sphère” des facteurs de risque cardiovasculaires habituels (hypertension artérielle, diabète, obésité abdominale) ou bien être des pathologies extracardiaques (anémie, insuffisance rénale, bronchopathie chronique ou encore apnée du sommeil).

Hypertension artérielle

L’hypertension artérielle (HTA) est observée, selon les registres et les essais randomisés, chez 55 % (registre de l’Ontario) à 89 % (dans l’essai I-PRESERVE) des patients atteints d’IC à FEVG préservée [2, 3].[...]

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À propos de l’auteur

Clinique de Cardiologie, Pôle des Maladies Cardiovasculaires et Pulmonaires, CHRU de LILLE. Faculté de Médecine, Université de Lille 2, Inserm UMR 744, Institut Pasteur, LILLE.

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