Les concepts liés au stress à l’usage du cardiologue

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Les concepts de stress et de coping

Alors qu’il est largement utilisé, au point d’en être parfois galvaudé, le concept de stress n’est pourtant pas simple à circonscrire. De fait, sa, ou plutôt ses, devrait-on dire, définitions peuvent être multiples et ambiguës [1, 2]. Si Celsus écrivait il y a 2000 ans : “Le pouls devient plus vif et plus développé par […] la crainte, la colère, et par toute autre affection de l’âme” [3], le terme “stress” n’apparaît qu’au XVIIe siècle, comme un synonyme du mot adversité. Son utilisation est ensuite plutôt réservée aux sciences physiques et à l’industrie, où il indique “une force, une pression ou une forte influence qui agit sur un objet, jusqu’à le faire céder” [4].

Toutefois, il est également utilisé par métaphore dans le monde médical et, en 1910, Osler [5] l’associe au risque d’angine de poitrine. Mais ce sont les travaux de Cannon et de Selye [6] qui ont permis de concevoir les premières théories sur le stress.

Dans le cas de ce qui est appelé “syndrome général d’adaptation”, une situation vient rompre l’équilibre interne d’un individu (l’homéostasie). Cela entraîne une réaction d’alarme au cours de laquelle l’individu mobilise ses ressources afin de s’adapter, en fuyant ou en combattant. Si cette phase de résistance perdure trop longtemps, un risque d’épuisement de l’individu est à craindre.

Cependant, face à l’observation qu’un même stimulus stressant (aussi appelé stresseur) n’induit pas chez tous les individus la même réaction stéréotypée, des modèles plus complexes ont été développés, parmi lesquels le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman [7]. Dans la conception transactionnelle du stress psychologique, l’individu effectue une double évaluation : celle des causes du stress, mais également des ressources dont il dispose pour y faire face. La situation ne sera considérée comme stressante que dans le cas où ces dernières apparaissent insuffisantes pour le sujet. Cette théorie a fait apparaître la notion de stress perçu, qui met l’accent sur le retentissement personnel d’un événement. Elle a également mis en lumière le concept de coping, qui désigne les stratégies d’ajustement mises en place pour faire face au stress.

Bien qu’il n’existe pas de classification consensuelle des stratégies de coping, on peut distinguer classiquement celles centrées sur le problème[...]

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À propos de l’auteur

Université de Versailles, Saint-Quentin, VERSAILLES. Inserm, Center for research in Epidemiology and Population Health, U1018, VILLEJUIF.

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