L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs chez la femme

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L’artériopathie oblitérante athéromateuse des membres inférieurs (AOMI) est une maladie fréquente, qui peut être à l’origine de graves complications. Elle a une prévalence très élevée et est associée à une morbi-mortalité ainsi qu’à des dépenses de santé comparables à celles de la pathologie coronaire et des accidents vasculaires cérébraux [1].

De nombreux travaux de recherche clinique ont permis d’identifier les patients à risque, d’évaluer les méthodes appropriées de diagnostic et de déterminer les modalités de prise en charge thérapeutique. Pendant des décennies, les cliniciens ont sous-estimé l’impact de la maladie coronaire chez la femme [1]. Par conséquent, la majorité des femmes n’avait pas conscience du risque cardiovasculaire lié à sa pathologie athéromateuse. Contrairement aux idées reçues, on sait désormais que les femmes sont au moins autant atteintes que les hommes par l’AOMI, et que le diagnostic est souvent porté avec un grade important de sévérité clinique [1, 2]. Nous détaillerons l’épidémiologie, la présentation clinique et la prise en charge de l’artériopathie des membres inférieurs chez la femme.

Épidémiologie

L’AOMI touche, dans les pays occidentaux, environ 3 % des sujets de moins de 60 ans et environ 15-20 % des sujets âgés de plus de 70 ans [3]. Les données dans les autres pays sont mal connues, mais elle semble avoir une prévalence similaire en Afrique. La plupart des études sur l’AOMI sont basées sur la population générale et ne rapportent pas de données spécifiques à la prévalence chez la femme.

Les études récentes montrent une prévalence de l’AOMI similaire, voire plus élevée, chez la femme que chez l’homme. Sur des données de six études réalisées aux États-Unis [1] chez des patients sans AOMI connue, si on considère le nombre absolu, il y a plus de femmes que d’hommes avec une AOMI (définie par un IPS inférieur à 0,9) chez les patients de plus de 40 ans (fig. 1). Une étude suédoise [4] datant de 2007 relate une prévalence de 16 % chez l’homme, 19 % chez la femme avec une différence qui n’est pas statistiquement significative.

En termes de mortalité, peu d’études ont porté sur les différences entre homme et femme dans l’AOMI. Une revue portant sur 40 000 patients montre que les associations entre les valeurs d’IPS et mortalité totale, mortalité cardiovasculaire et morbidité coronaire sont similaires chez la femme et chez l’homme (fig. 2) [1]. Les risques[...]

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À propos de l’auteur

Service de Médecine vasculaire, Hôpital universitaire de Rangueil, TOULOUSE.

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