L’artériopathie du sujet âgé

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L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) correspond à l’expression locale d’une maladie diffuse de l’athéro-sclérose. Cette affection est fréquente et associée à une morbidité et une mortalité significative. Elle adopte des caractéristiques particulières chez le sujet âgé. Dans les paragraphes suivants, les aspects épidémiologiques, anatomiques, cliniques, thérapeutiques et la nécessité du dépistage sont abordés.

Épidémiologie

Les études en population générale ont mis en évidence une augmentation de la prévalence de l’AOMI avec l’âge. Dans la Rotterdam Study [1], 10 % des sujets entre 55 et 59 ans présentaient une AOMI, la prévalence s’élevait à près de 60 % au-delà de 85 ans. En Allemagne [2], les proportions des sujets avec une AOMI parmi 6 880 consultants de médecine générale s’élevaient respectivement pour les hommes et les femmes à 17,1 % et 11,5 % en dessous de 70 ans, 17,5 % et 14,6 % entre 70 et 74 ans, 25 % et 20,9 % entre 75 et 79 ans, 27,2 % et 25 % entre 80 et 84 ans et 27,8 % et 39,2 % au-delà de 85 ans. L’influence de l’âge apparaissait aussi dans une enquête [3] ayant inclus plus de 3,6 million de sujets aux États-Unis ; le risque de présenter une AOMI était près 12 fois plus élevé chez les octogénaires comparés au quadragénaires (OR : 12,03 ; IC 95 % : 11,54-12,54) ; il était 27 fois plus élevé chez les nonagénaires (OR : 26,70 ; IC 95 % : 24,78-28,75).

Dans ces différents travaux, le diagnostic de l’AOMI reposait sur la mesure de -l’index de pression systolique (IPS). Cette mesure est considérée comme pathologique pour des valeurs ≤ 0,9 et ≥ 1,4 [4]. La prévalence – non seulement des IPS < 0,9 mais aussi celle des IPS > 1,4 – augmente chez les sujets âgés. Dans la Strong Heart Study [5], les sujets du groupe IPS élevé étaient significativement plus âgés, hypertendus, diabétiques et dyslipidémiques que ceux du groupe dont l’IPS était normal. L’analyse d’une autre cohorte [6], ayant inclus 16 783 sujets à partir d’un laboratoire d’exploration vasculaire, confirme l’augmentation de la proportion de sujets dont l’IPS est ≥ 1,4 avec l’âge pour les deux sexes. Cette constatation a une implication clinique ; en présence d’un IPS ≥ 1,4, il est recommandé de réaliser des investigations complémentaires[...]

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À propos de l’auteur

Unité de Médecine vasculaire, service de CTCV et Angiologie, CHU Dupuytren, LIMOGES. INSERM U1094, Tropical Neuroepidemiology et CNRS FR 3503 GEIST, LIMOGES.

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