Qui irradie le plus : le scanner ou la coronarographie ?

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Tout examen médical comporte un risque. Les méthodes d’investigation morphologique de l’arbre coronaire que sont la coronarographie, examen de référence incontesté, et le scanner multidétecteur n’échappent pas à cette règle. Cette courte mise au point va tenter de mettre en parallèle ces deux méthodes au plan du risque stochastique, autrement dit du risque de développer un cancer après une ou plusieurs expositions aux rayons X.

Il ne sera pas abordé ici le risque global de complication des deux méthodes, mais on sait qu’il est supérieur en coronarographie (néphrotoxicité, embole cholestérolique, complication artérielle au point de ponction ou à distance, dissection coronaire, etc.) [1]. Le risque d’accident allergique semble équitablement partagé, et requiert les mêmes précautions dans les deux cas. De cette notion de risque global découle la distinction entre imagerie “invasive” dans le cas de la coronarographie et “non invasive” dans celui du scanner.

Quelques rappels physiques

La comparaison dosimétrique des deux principales méthodes d’imagerie morphologique de l’arbre coronaire n’est pas triviale pour des raisons physiques :

– Dans le cas de la coronarographie conventionnelle, on réalise une série d’expositions (projections) qui sont mesurées par une dose d’entrée (en milliGrays, mGy) et un produit dose surface (PDS en mGy.cm2) cumulant graphie et scopie et fournis par le constructeur.

– Dans le cas du scanner cardiaque et coronarien, on estime la dose par l’index de dose scanographique volumique (CTDIvol), qui lui-même multiplié par la longueur du champ d’exposition permet l’évaluation dosimétrique par le produit dose longueur (PDL en mGy.cm).

Pour convertir le PDS ou le PDL en dose efficace (ou effective) (DE), il suffit de l’affecter d’un coefficient de conversion (respectivement EPDS ou EPDL) qui dépend de la radiosensibilité des organes exposés (sein et poumon essentiellement en cardiologie, l’exposition du sein expliquant le risque stochastique supérieur des examens chez la femme). Il est donc théoriquement aisé de comparer la dose reçue par un patient à l’occasion d’un scanner ou d’une coronarographie.

Le risque carcinogène global (stochastique) à l’individu après une exposition aux radiations ionisantes est évalué par la DE mesurée en sieverts, ou millisieverts (mSv). Toute exposition aux radiations ionisantes, naturelle (cosmique, tellurique),[...]

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À propos de l’auteur

Imagerie Cardiaque, Département de Radiologie, CHU, Rouen.

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