Analgésie-sédation sans anesthésiste : intérêt du protoxyde d’azote-oxygène en cardiologie

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En cardiologie, au CHU de Toulouse, cela fait maintenant plus de 3 ans que nous utilisons le MEOPA dans 3 secteurs : le bloc de cardiologie interventionnelle (hémodynamique), les soins intensifs et le service d’exploration par échographie transœsophagienne. Le MEOPA possède également un atout supplémentaire, non négligeable, qui nous permet d’agir rapidement pour prendre en charge un patient douloureux (douleur de l’infarctus du myocarde, du décubitus dorsal sur table d’examen, embolie pulmonaire,…), dans le cadre le plus souvent d’une analgésie multimodale [2] associant un antalgique de palier 1 comme le paracétamol à un palier 3 comme la morphine afin d’obtenir une action antalgique rapide grâce aux effets combinés des molécules utilisées : le MEOPA, d’action très rapide, efficace dans les 3 minutes, permet d’écrêter une douleur avant l’atteinte du pic d’efficacité des opioïdes.

Après une dose de charge de morphine (0,1 mg/kg en IVL sur 1 à 5 minutes), l’analgésie peut être optimisée au bout de 7 minutes par une titration à la dose de 3 mg toutes les 5 minutes à renouveler jusqu’à obtention d’une évaluation de la douleur (par échelle numérique, EVA réglette ou échelle verbale simple) qui soit faible (inf à 3/10 ou à 30 mm). Pour cela, l’objectif 0 douleur ne doit pas être une finalité, au risque de voir apparaître les effets secondaires délétères des opioïdes [3]. De même, le myosis n’étant pas un signe d’intoxication aux opioïdes, il est important qu’il soit considéré comme un critère de bonne imprégnation en morphinique pour permettre une analgésie optimale.

La sédation dans ce type de procédure avec des opioïdes nécessite une surveillance de l’échelle de sédation (le patient doit toujours être éveillé ou éveillable à la parole) et de la fréquence respiratoire qui doit rester supérieure ou égale à 10 par minute. Si l’un de ces paramètres n’est pas respecté, la titration ne doit pas être débutée ou continuée, même si le patient souffre toujours. Par contre, en théorie, la saturation du sang en oxygène n’a pas besoin d’être surveillée par monitoring, car le contrôle de la fréquence respiratoire au plan clinique suffit le plus souvent, une détresse respiratoire ne survenant jamais brutalement mais étant toujours précédée d’une phase de sédation importante où le patient doit être réveillé par une stimulation tactile avant que ne survienne un ralentissement de la fréquence respiratoire qui pourrait aboutir à l’arrêt respiratoire. L’antagonisation d’une partie de la morphine par titration de naloxone (injection toutes les 2 minutes de 0,08 mg[...]

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À propos de l’auteur

Hôpital Rangueil Larrey, CHU, Toulouse.

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