L’insuffisance cardiaque à 80 ans : quel traitement ?

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Au fur et à mesure du vieillissement de la population, l’âge servant à définir les sujets comme très âgés n’a cessé de progresser. Actuellement, la frontière se situe aux environs de 80 ans. Or, les sujets de plus de 80 ans représentent près de la moitié des patients souffrant d’insuffisance cardiaque, l’âge moyen des insuffisants cardiaques en France étant de 79 ans. Leur traitement, dans la forme à fraction d’éjection altérée, repose sur de solides recommandations ne tenant pas compte de l’âge, mais est basé sur l’extrapolation d’études réalisées sur des populations beaucoup plus jeunes, n’ayant inclus que très de peu de sujets de plus de 80 ans.

Ainsi, dans le récent essai PARADIGM-HF, la plus grande étude jamais réalisée dans ce domaine ayant inclus 8 442 patients, seuls 121 avaient plus de 85 ans [1] ! En outre, à cet âge, il s’agit le plus souvent d’une insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée, et aucune étude ne s’étant révélée jusqu’à présent positive, notre traitement ne repose alors sur aucune recommandation au niveau de preuve élevé.

Après 80 ans, l’incidence de l’insuffisance cardiaque dans la population générale est de 10 %. Il s’agit de la première cause d’hospitalisation en court séjour gériatrique. Or, le traitement est le plus souvent non optimal, 30 % uniquement des patients recevant un double blocage neuro-hormonal par IEC/bêtabloquants. Il est rendu difficile par les modifications pharmacologiques liées à l’âge et le caractère complexe de la population à traiter, souvent polypathologique, les comorbidités au cours de l’insuffisance cardiaque étant plus fréquentes chez le sujet âgé [2]. Celles-ci sont représentées par :

  • le diabète (28 à 35 % des patients) ;
  • l’insuffisance rénale (20 à 34 % des sujets) ;
  • les bronchopneumopathies chroniques obstructives (10 à 20 % patients) ;
  • les troubles neuropsychiatriques, représentés par le syndrome confusionnel, la démence et la dépression qui est présente chez 24 à 42 % des insuffisants cardiaques âgés décompensés [3].

Ces comorbidités peuvent modifier les signes cliniques[...]

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À propos de l’auteur

Fédération des Services de Cardiologie, CHU Toulouse-Rangueil, Toulouse. Inserm, U858, Toulouse.

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