État des lieux et enjeux de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque en France

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L’insuffisance cardiaque est un syndrome complexe, atteignant à la fois la systole et la diastole, le cœur droit et le cœur gauche, et se manifestant de manière aiguë ou chronique. Elle est induite par un très grand nombre d’étiologies et favorisée par de nombreuses comorbidités. Elle est responsable de multiples complications et d’un excès de morbi-mortalité, largement supérieur à celui lié à la plupart des cancers.

Données européennes

À l’échelon européen, les dernières données des registres Euro Heart Failure Survey montrent une mortalité annuelle toutes causes de 17,4 % pour les patients ayant été hospitalisés et de 7,2 % pour les patients ambulatoires [1]. En matière de mortalité toutes causes ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, les chiffres sont respectivement de 35,8 % et de 17,6 %. Toutefois, au cours des 10 dernières années, toutes les études ont montré une diminution de la mortalité globale dans les pays industrialisés alors que, parallèlement, le nombre de réhospitalisations augmente, contrairement à ce que l’on constate pour la pathologie coronaire ou la pathologie vasculaire cérébrale [2]. L’âge des patients est extrêmement élevé, avec une prévalence de l’insuffisance cardiaque qui ne fait que croître en fonction de l’âge. Le corollaire de cet âge élevé est la présence de comorbidités nombreuses, très handicapantes (démence, diabète, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale chronique, BPCO…), qui compliquent énormément la prise en charge globale des patients insuffisants cardiaques. Enfin, la fréquence de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée s’accroît avec l’âge, avec une mortalité peut-être inférieure à celle de l’insuffisance cardiaque systolique, mais avec une morbidité et notamment des taux d’hospitalisations largement similaires. Or, les recommandations sont très encadrées concernant l’insuffisance cardiaque à fonction systolique altérée mais n’existent pas pour l’insuffisance cardiaque à fonction systolique préservée. Toutefois, l’insuffisance cardiaque systolique demeure globalement plus grave que l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, CHU Nancy-Brabois, VANDOEUVRE-LES-NANCY.

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