Prise en charge du stress en réadaptation cardiovasculaire

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Il n’est guère de patients bénéficiant d’un programme de réadaptation cardiovasculaire qui ne soient “stressés” au sens commun, et d’ailleurs ambigu, du terme, la confusion étant fréquente entre agent(s) stressant(s) et réaction(s) inappropriée(s), propre(s) à l’individu, face à ce(s) agent(s).

Si le stress psychosocial est dorénavant reconnu comme un facteur de risque cardiovasculaire majeur, tout particulièrement depuis la publication de l’étude INTERHEART, largement médiatisée (Lancet, 2004), la littérature foisonne de publications montrant qu’en retour, un événement ou un accident cardiovasculaire engendrent très fréquemment des désordres psychologiques de gravité variable. Selon certaines études de référence [1-7] :

  • le syndrome dit d’épuisement (irritabilité, perte d’énergie, dépression de la thymie) touche 30 à 60 % des coronariens ;
  • après un syndrome coronaire aigu (SCA), 20 % des patients souffrent de troubles psychiques ;
  • 10  % des coronariens se sentent déprimés ;
  • 50  % des insuffisants cardiaques présentent des épisodes dépressifs et/ou d’anxiété ;
  • après un geste de revascularisation myocardique, on retrouve 60 % d’anxiété, 30 % de dépression et même 20  % de syndrome de stress post-traumatique (asthénie, cauchemars, conduites d’évitement, flash-back) ;
  • le risque relatif de suicide dans le mois suivant un SCA, que le patient ait ou non un passé psychiatrique, avoisine 3.

Consciemment ou non, l’événement cardiovasculaire conduisant un patient en réadaptation cardiovasculaire aura un effet perturbateur sur le sens, les valeurs et les buts de vie, pouvant occasionner une remise en question, à la recherche de moyens d’adaptation et conduisant à de nouveaux buts de vie. La persistance des désordres psychologiques, conséquences de l’événement cardiovasculaire, sera cause non seulement d’une altération de la qualité de vie, mais aussi potentiellement d’une détérioration du pronostic cardiovasculaire. La persistance d’un syndrome de stress post-traumatique, 1 à 3 ans après un SCA, double le risque de récidive [8].

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, Hôpital de la Croix-Rousse, CHU de Lyon. Université Claude Bernard-LYON 1, Faculté de Médecine Lyon Sud-Charles Mérieux, LYON. GERS-P de la SFC.

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