Fibrillation atriale et syndrome d’apnée du sommeil : données épidémiologiques et physiopathologiques

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Depuis les années 1980 on sait qu’il peut y avoir un lien entre fibrillation atriale et syndrome d’apnée du sommeil. Dans une publication princeps de 1983, Guilleminault et al. [1] ont étudié les troubles du rythme et de la conduction durant le sommeil de 400 patients avec syndrome d’apnée du sommeil. Ils ont montré qu’il pouvait exister de la fibrillation atriale mais dans un nombre de cas restreint puisque, parmi ces 400 patients, ils en ont enregistré 10 avec de la fibrillation, soit moins de 3 %.

Données épidémiologiques

>>> Par la suite, plusieurs publications se sont intéressées à ce sujet. Dans le travail de Mehra et al. [2], les auteurs décrivent l’association d’arythmies nocturnes avec un syndrome d’apnée du sommeil, et ils retrouvent de la fibrillation atriale chez 4,8 % des patients, par comparaison à 0,9 % dans une série contrôle.

>>> Dans le travail important de Gami et al. [3], la prévalence des syndromes d’apnée obstructive est plus importante chez des patients avec fibrillation atriale que chez des patients sans fibrillation atriale en pratique de cardiologie générale (49 contre 32 %). Dans ce même travail, les auteurs montrent qu’après ajustement sur l’index de poids corporel, la circonférence du cou, l’hypertension artérielle et le diabète, la fibrillation atriale est significativement associée aux apnées obstructives. Le même auteur, quelques années plus tard [4], a montré que sur un long suivi de 15 ans – chez des patients ayant apnée obstructive et obésité – le risque de fibrillation atriale est plus important que chez les obèses qui n’ont pas d’apnée obstructive.

>>> Dans une publication de 2009, Monahan et al. [5] arrivent à la conclusion que le taux d’arythmie est relativement faible chez ces patients mais que le risque de fibrillation atriale paroxystique (ainsi que de tachycardie ventriculaire non soutenue) est plus marqué après un trouble respiratoire. Ces résultats apportent un argument pour considérer qu’il y a un lien temporel entre troubles respiratoires et développement des arythmies.

>>> Dans une publication de 2009 également, Mehra et al. [6] montrent que la sévérité des troubles respiratoires est liée à une augmentation progressive des taux de survenue de fibrillation atriale et d’extrasystoles ventriculaires complexes. Cependant, ils considèrent que la fibrillation atriale est plus liée aux apnées centrales que ne le sont les extrasystoles ventriculaires qui sont liées aux apnées obstructives et à l’hypoxie.

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie et de Rythmologie Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris.

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