Classification en différents stades de l’insuffisance rénale : y a-t-il un intérêt ? Pourquoi ?

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En effet, il existe une prévalence beaucoup plus importante des stades précoces de la maladie rénale chronique (MRC) dont les principales complications sont l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale, le haut risque cardiovasculaire et le risque de mort prématurée. Les stratégies visant à améliorer le pronostic nécessitent un effort global dirigé vers les stades précoces. La justification d’une -initiative globale est évidente car l’épidémie est mondiale, les conséquences cliniques universelles, de même que les stratégies médicales de prévention, détection et traitement.

La classification des maladies repose en général sur de nombreux critères basés sur la sévérité, le diagnostic, le traitement et le pronostic. Le système de classification peut être simple ou complexe, mais doit répondre idéalement aux critères suivants [1] :

– être suffisamment simple pour la plupart des praticiens avec des éléments supplémentaires de complexité pour les spécialistes ;

– permettre une identification relativement facile des individus atteints ;

– être basé sur la sévérité pour constituer un outil pronostique et permettre d’établir un plan d’action individualisé par stade ;

– permettre les comparaisons épidémiologiques pour évaluer les tendances démographiques, identifier les facteurs de risque et l’efficacité des mesures préventives.

Le système de classification le plus récent (janvier 2011) repose sur un modèle conceptuel de progression des maladies rénales avec, à chaque stade, un risque variable de progression vers soit le stade suivant, soit une complication cardiovasculaire ou le décès :

– normalité,

– risque augmenté d’atteinte rénale (ex. diabète, hyper-tension),

– atteinte rénale avérée (ex. protéinurie),

– insuffisance rénale (ex. réduction du DFGe < 60 mL/min/1,73 m2),

– insuffisance rénale terminale (ex. traitement de suppléance par dialyse ou transplantation).

La progression vers le stade suivant n’est pas inéluctable et certains stades précoces sont même réversibles sous l’influence des mesures thérapeutiques adaptées (ex. réversion de la protéinurie sous IEC).

La classification des MRC prend en compte actuellement 3 types de paramètres dont le plus important est le débit de filtration glomérulaire estimé par la formule de MDRD simplifiée à 4 variables (la formule de Cockcroft disparaissant progressivement des recommandations). La classification prend en compte :

– le diagnostic de la maladie rénale sous-jacente (ex. diabète, hypertension, glomérulonéphrites, autres, etc.),

– le DFG estimé avec 6 stades de gravité (G1 : > 90 mL/min/1,73 m2 ; G2 : 60-89 mL/min/1,73 m2 ; G3a : 45-59 mL/min/1,73 m2 ; G3b : 30-44 mL/min/1,73 m2 ; G4 : 15-29 mL/min/1,73 m2 :[...]

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À propos de l’auteur

Service de Néphrologie, Hôpitaux Universitaires, Strasbourg.

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