Epidémiologie de la DMLA

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Il est classique de dire que la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de cécité légale dans les pays industrialisés à partir de l’âge de 50 ans. Mais derrière cette idée, qui peut s’apparenter à un dogme, sont sous-tendues certaines données qui méritent d’être actualisées. En effet, la DMLA est une maladie dont la présentation clinique est hétérogène et dont l’évolution est différente non seulement en fonction du phénotype, mais aussi en fonction de multiples facteurs environnementaux et génétiques.

La DMLA dans le monde

La DMLA est la principale cause de malvoyance dans les pays à haut niveau de vie. L’Organisation mondiale de la santé classe la DMLA au 3e rang des causes de cécité légale toutes causes confondues, derrière la cataracte (47,8 %) et le glaucome (12,3 %) et devant la rétinopathie diabétique (4,8 %). Les données récentes tendent à montrer une augmentation de sa prévalence. Toutefois, il est très difficile de savoir si cela découle d’une meilleure connaissance de la maladie, notamment grâce à l’amélioration des techniques d’imagerie rétinienne, d’une meilleure sensibilisation des médecins et des patients, ou encore du reflet du vieillissement des populations.

La plupart des études épidémiologiques internationales ont été réalisées dans les pays développés et sont monocentriques. Citons l’étude américaine de Beaver Dam (1988-1990) [1], l’étude australienne Blue Mountains (1992-1994) [2], l’étude hollandaise de Rotterdam (1990-1993) pour les plus anciennes, l’étude multicentrique européenne EUREYE (2000-2003) [3]. Ces études montrent de façon très nette une augmentation des cas avec l’âge (tableau I).

Toutefois, l’étude d’autres populations permet de mettre en lumières certains aspects de la maladie. Il existe des variations importantes en termes de prévalence, d’incidence et de formes cliniques selon les populations [4]. La prévalence de la DMLA varie en effet selon l’origine ethnique : 2,4 % chez les sujets mélanodermes, 4,2 % chez les hispaniques, 4,6 % chez les asiatiques et 5,4 % chez les sujets blancs. La prévalence de la DMLA moins fréquente chez les mélanodermes a été confirmée dans d’autres études [5].

La population européenne islandaise est une population insulaire peu mélangée. L’étude de Rekjavik avait montré une prédominance de forme atrophique alors[...]

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