ATLAS TIMI-51 : une molécule de plus dans le traitement du post-infarctus ?

0

L’étude ATLAS TIMI-51 conduite par JL Mega et al. est un essai visant à démontrer l’efficacité du rivaroxaban chez les patients ayant présenté un syndrome coronaire aigu (SCA) avec ou sans sur-décalage du segment ST [1]. Le traitement de nos patients ayant présenté un SCA comporte la plupart du temps une bi-antiagrégation plaquettaire (aspirine et inhibiteur du récepteur P2Y12) qui sera maintenue 12 mois en association à un bêtabloquant, un inhibiteur de l’enzyme de conversion (ou un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II), une statine et parfois un antagoniste du récepteur de l’aldactone en cas de dysfonction ventriculaire gauche (FEVG < 40 %) associée à des signes congestifs. Cette ordonnance, sur laquelle figurent des molécules ayant démontré leur efficacité sur la réduction de critères durs tels que la mortalité, la récidive d’infarctus ou encore la survenue d’accident vasculaire cérébral ne protège nos patients que de façon incomplète (10-12 % d’événements à un an) [2, 3].

L’anticoagulation, quant à elle, incontournable à la phase aiguë d’un SCA, n’est pour l’heure pas recommandée au long cours, en dépit d’un état d’hypercoagabilité persistant à distance de l’événement aigu, du fait d’un surrisque hémorragique observé avec l’association antivitamine K/antiagrégants plaquettaires [4]. De nouveaux anticoagulants oraux sont disponibles depuis plusieurs mois dans le cadre de la prévention des événements thrombo-emboliques de la chirurgie orthopédique du membre inférieur : anti-Xa (rivaroxaban-Xarelto) ou inhibiteur direct de la thrombine (dabigatran-Pradaxa). Ces molécules ont une sécurité d’utilisation et une efficacité supérieures aux AVK et pourraient donc représenter une avancée thérapeutique pour les patients coronariens.

L’essai ATLAS TIMI-51 avait pour but d’évaluer l’intérêt du rivaroxaban, en plus du traitement conventionnel, chez les patients ayant présenté un SCA. Le critère primaire de jugement est un critère composite regroupant les décès d’origine cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde et la survenue d’un accident vasculaire cérébral (ischémique ou hémorragique). Deux dosages ont été testés : 2 x 2,5 mg/j et 2 x 5 mg/j (pour mémoire, la dose recommandée dans la prévention de la maladie veineuse thrombo-embolique est de 10 mg/j en une seule[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos de l’auteur

Service de cardiologie interventionnelle et soins intensifs, CHU Nord, Marseille.

Laisser un commentaire