Les progrès majeurs réalisés dans le dépistage et la prise en charge du cancer du sein ont considérablement amélioré le pronostic des patientes. Avec une survie à 5 ans proche de 90 % lorsque le diagnostic est précoce, et plus de 61 000 nouveaux cas chaque année, le nombre de femmes vivant après un cancer du sein est en constante augmentation [1]. Cette amélioration du pronostic oncologique s’accompagne toutefois d’une exposition prolongée aux effets secondaires des traitements anticancéreux, notamment cardiovasculaires. La cancer therapy-related cardiac dysfunction (CTRCD) peut survenir précocement ou plusieurs années après les traitements, et constitue ainsi un enjeu majeur du suivi à long terme [2, 3].
Le cancer du sein et les maladies cardiovasculaires partagent de nombreux facteurs de risque, tels que le tabagisme, l’obésité, la sédentarité, le diabète, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie. Certains traitements peuvent également augmenter directement le risque cardiovasculaire. Les anthracyclines sont responsables d’une cardiotoxicité dose-dépendante pouvant entraîner une dysfonction ventriculaire gauche, tandis que les traitements anti-HER2 peuvent altérer la fonction ventriculaire, souvent de manière réversible. La radiothérapie thoracique peut quant à elle être à l’origine de complications cardiovasculaires tardives, notamment coronaires, valvulaires ou péricardiques [2].
Ainsi, le risque cardiovasculaire persiste après la fin des traitements oncologiques et évolue en fonction des antécédents, des facteurs de risque, des traitements reçus et de l’apparition éventuelle d’une atteinte cardiaque. Les recommandations de l’European Society of Cardio-Oncology soulignent l’importance d’une évaluation cardiovasculaire individualisée et dynamique, notamment à l’aide d’outils tels que le score HFA-ICOS, afin d’identifier les patientes nécessitant une surveillance renforcée et une prise en charge préventive adaptée [2].
Au décours du cancer du sein, la diminution de la condition physique peut également contribuer au risque cardiovasculaire. Une prise de poids, des anomalies métaboliques, une sarcopénie et une diminution de la capacité cardiorespiratoire sont fréquentes, tandis que le niveau d’activité[...]
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