La graisse épicardique : marqueur du risque coronaire ?

0

Les cardiopathies ischémiques continuent d’être un redoutable pourvoyeur de morbi-mortalité à l’échelle planétaire. Les traitements sont efficaces mais représentent des dépenses dont la progression est constante. Compte tenu de la relative imprécision de nos méthodes d’évaluation du risque, la plupart de ces traitements nécessitent d’être prescrits à des centaines de sujets pour au final n’obtenir un bénéfice que chez un petit nombre : leur “efficience épidémiologique” est basse. Il apparaît nécessaire de resserrer la cible et de mettre au point des techniques permettant d’avancer vers une médecine plus “personnalisée”. La caractérisation de la graisse épicardique entre dans le champ des technologies visant à mieux préciser le risque individuel, entre autres parce qu’elle pourrait fournir une information sur l’activité de la maladie coronaire.

Données physiopathologiques

La graisse épicardique représente environ 15 % de la masse du cœur. Elle est principalement située dans les sillons auriculo-ventriculaires et interventriculaires chez le sujet normal, mais peut s’étendre au-delà dans certaines circonstances pathologiques. Il existe une corrélation étroite entre masse myocardique et masse de la graisse épicardique.

Les données les plus récentes soulignent l’intérêt de distinguer la partie strictement périvasculaire – les adipocytes qui sont au contact direct ou très proche de la paroi vasculaire – du reste de la graisse épicardique. Les vaisseaux coronaires de plus de 100 microns de diamètre sont en effet entourés d’un tissu graisseux situé au contact immédiat de l’adventice. Les échanges entre ce tissu graisseux et la paroi vasculaire sont bidirectionnels.

La graisse épicardique périvasculaire est un véritable organe endocrine de type “paracrine”, c’est-à-dire agissant par contiguïté [1]. À l’état normal, ce tissu graisseux secrète des substances dites “adipokines” qui ont une action anti-inflammatoire et antiathérogène. L’inflammation est considérée à la fois comme un agent de promotion de l’athérome sur le long terme et comme[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos des auteurs

Service d’Imagerie médicale, Hôpital Américain de Paris, NEUILLY-SUR-SEINE.

Clinique Bizet, PARIS.

Service de Cardiologie, Hôpital Américain de Paris, NEUILLY-SUR-SEINE.