Cardiopathie hypertensive : nouveaux concepts

0

Le terme de cardiopathie hypertensive correspond à l’ensemble des anomalies cardiaques observées en lien avec la présence d’une hypertension artérielle. L’apparition d’une cardiopathie hypertensive souligne la présence d’une contrainte myocardique (post-charge) inadaptée et de façon soutenue. La mise en évidence d’une cardiopathie hypertensive marque un tournant dans le pronostic du patient hypertendu et nécessite de débuter un traitement antihypertenseur (règles hygiéno-diététiques et médicamenteux) sans délai [1].

L’évolution de la cardiopathie hypertensive a été décrite historiquement selon plusieurs étapes : hypertrophie ventriculaire gauche, dysfonction diastolique puis dysfonction systolique du ventricule gauche. Cette chronologie n’est cependant pas toujours respectée et la présence d’une dysfonction systolique du ventricule gauche est relativement rare en l’absence d’autres atteintes concomitantes (coronaropathie, fibrillation auriculaire…). Nous allons explorer les différentes modalités permettant d’évaluer une cardiopathie hypertensive en pratique clinique : l’ECG, l’échocardiographie transthoracique et les biomarqueurs.

L’apport de l’ECG

Il s’agit probablement d’un des outils spécifiques les plus anciens permettant d’évaluer le retentissement de l’hypertension artérielle sur le myocarde. Les premières données majeures publiées à ce sujet étaient les observations de Maurice Sokolow et Thomas Lyon qui, à partir de corrélations des ECG avec les radiographies thoraciques, avaient mis en évidence plusieurs indices ECG d’hypertrophie ventriculaire gauche qui sont encore couramment utilisés [2]. Les dernières recommandations européennes proposent de dépister l’hypertrophie ventriculaire gauche par 4 indices (résumés dans le tableau I) : le Sokolow-Lyon (amplitude des voltages SV1 + RV5 ou RV6 > 35 mm/3,5 mV), l’amplitude de l’onde R en aVL (≥ 11 mm/1,1 mV), le Cornell (amplitude des voltages SV3 + RaVL, > 28 mm/2,8 mV chez l’homme ; > 20 mm/2,0 mV chez la femme) et le produit du Cornell (Cornell multiplié par la durée des QRS > 2 440 mm.ms) [1]. Parmi ces,différents index d’HVG électrique, le plus utilisé, l’index de Sokolow-Lyon, est probablement le moins performant à la fois pour détecter une HVG anatomique mais également pour prédire les événements ou la mortalité cardiovasculaire [3].

La[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos des auteurs

Fédération de Cardiologie, Hôpital de la Croix-Rousse et Lyon Sud, Hospices Civils de Lyon, ESH Hypertension Excellence Center, Université Lyon 1, CREATIS, LYON.

Fédération de Cardiologie, Hôpital de la Croix-Rousse et Lyon Sud, Hospices Civils de Lyon, ESH Hypertension Excellence Center, Université Lyon 1, CREATIS, LYON.

Fédération de Cardiologie, Hôpital de la Croix-Rousse et Lyon Sud, Hospices Civils de Lyon, ESH Hypertension Excellence Center, Université Lyon 1, CREATIS, LYON.