L’électrocardiogramme du jeune sportif : ce qui peut être pathologique

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En 2012, 17,6 millions de licences sportives ont été délivrées en France par les différentes fédérations sportives agréées par le ministère chargé des Sports dont plus de la moitié à des individus de moins de 20 ans. Par ailleurs, 8 % de ces licenciés ont une pratique sportive de compétition (chiffres du ministère de la Jeunesse et des Sports).

Si la promotion de la pratique régulière d’une activité physique et sportive comme facteur de santé est une priorité de santé publique, elle peut néanmoins être responsable d’accidents et notamment de morts subites dramatiques.

Grâce à différents registres italiens et américains en particulier, on peut estimer l’incidence de la mort subite chez les athlètes entre 2,3 et 4,4/100 000/an [1]. Or, chez les jeunes athlètes (âge < 35 ans), les étiologies de ces morts subites vont être dominées par des cardiopathies génétiques : principalement la cardiomyopathie hypertrophique (CMH), la dysplasie arythmogène du ventricule droit (DAVD), les canalopathies (syndrome du QT long…), ou encore les naissances anormales des coronaires (fig. 1) [1].

Ainsi, si l’examen clinique est important lors de la visite de non contre-indication à la pratique d’un sport, l’électrocardiogramme a un rôle essentiel car ces cardiopathies vont s’accompagner d’un certain nombre d’anomalies électrocardiographiques permettant de les suspecter. De même, il est bien établi actuellement que l’examen clinique seul ne permet de dépister que 3 % de ces cardiopathies alors que couplé à la réalisation d’un électrocardiogramme, c’est 60 % de ces cardiopathies qui pourront être dépistées.

C’est dans ce contexte qu’un certain nombre d’instances internationales comme le CIO (Comité International Olympique), la FIFA (Fédération Internationale de Football), ou encore l’ESC (Société Européenne de Cardiologie) recommande sa réalisation chez les sportifs professionnels. Enfin, même chez les sportifs non professionnels mais devant participer à une compétition, la SFC (Société Française de Cardiologie) recommande depuis 2009 la réalisation d’un électro-cardiogramme dès l’âge de 12 ans, à renouveler tous les 3 ans jusqu’à 20 ans, puis tous les 5 ans jusqu’à 35 ans.

Ainsi, si l’électrocardiogramme apparaît capital, la difficulté de son interprétation chez le sportif va être liée au fait qu’un entraînement physique et sportif dès lors qu’il est suffisamment intense et prolongé (≥ 6 à 8 heures de sport/semaine) peut entraîner, par le biais d’une hypertonie vagale notamment, des modifications de celui-ci sans que ces modifications ne soient nécessairement le témoin d’une cardiopathie sous-jacente. S’il est important de dépister les cardiopathies à risque de mort subite, il ne faut pas à l’inverse contre-indiquer à tort la pratique sportive devant des[...]

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À propos de l’auteur

Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes, Service de Cardiologie, LYON.

Un commentaire

  1. damatatchor sur

    Merci pour cet article. On a suggéré parfois d’arrêter au moins le sport et de voir régresser ou non une hypertrophie ventriculaire dans les cas douteux. Mais j’aimerais savoir si ce n’est pas préjudiciable de d’interdire le sport temporairement à un sportif? et que dans quel cas réellement faut-il adopter une telle démarche. merci.

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