Quelle contraception pour les femmes lupiques ?

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Plusieurs études ont montré que ces patientes étaient souvent peu ou mal informées des particularités de leur contraception, induisant des conduites à risque. En 2008, dans une étude de cohorte portant sur 212 femmes lupiques âgées de 18 à 50 ans, 46 % d’entre elles avaient pris un risque de grossesse non désirée dans les 3 derniers mois, et un quart de celles-ci avaient déclaré avoir régulièrement des rapports non protégés [1]. Les cliniciens prenant en charge ces patientes doivent donc être sensibilisés à cette problématique.

Contraception estroprogestative

Les estrogènes ont un effet négatif connu sur le lupus : le risque d’aggravation de la maladie et l’augmentation de la fréquence des poussées sous estroprogestatifs (EP) ont été retrouvés dans de nombreuses études. Dès 1982, une étude de cohorte française portant sur 33 femmes lupiques avec néphropathie dont 28 utilisaient une contraception EP a retrouvé une exacerbation de l’activité du lupus chez la moitié des utilisatrices d’EP dans les 3 mois après le début de la contraception, responsable de lésions histologiques rénales majeures chez 5 femmes [2]. De plus, la contraception EP augmente le risque d’accident artériel et veineux chez ces femmes présentant déjà un haut risque. Ainsi, les contraceptions EP sont classiquement contre-indiquées dans cette pathologie. En cas de syndrome des antiphospholipides (SAPL), les EP sont formellement contre-indiqués compte tenu du risque thromboembolique majeur.

En 2005, 2 essais randomisés portant sur des femmes atteintes de lupus peu actif ont conduit leurs auteurs à modérer cette position.

L’essai de Petri et al. a concerné 183 femmes lupiques (excluant les femmes ayant un score SLEDAI [systemic lupus erythematosus disease activity index]> 12, les femmes traitées par > 0,5 mg/kg de prednisone, les patientes avec anticorps anticardiolipines ou anticoagulant circulant), randomisées en 2 groupes : contraception EP contenant 35 µg d’éthynil-estradiol (EE) vs placebo. Aucune différence significative n’a été retrouvée en termes de taux de poussées sévères dans les 12 mois (8,4 vs 8,7 %, RR = 0,93 [0,33–2,65]) ou en termes de taux de poussées peu sévères à modérées. La prévalence des poussées, le délai avant la première poussée et la fréquence des événements thromboemboliques étaient identiques dans les deux groupes [3].

L’étude de Sánchez-Guererro et al. a inclus 162 femmes (avec un score de SLEDAI[...]

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À propos de l’auteur

Service de médecine interne, Hôpital Lyon-Sud, LYON.

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