Peut on faire un scanner coronaire en cas de FA suffisamment ralentie ?

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Un rythme régulier, inférieur à 70 bpm, a longtemps été un prérequis indispensable à la réalisation d’examens de qualité. Même chez les patients en rythme sinusal, un ralentissement trop brutal du rythme cardiaque lié à l’apnée ou une accélération lié à la sensation de chaleur due à l’injection d’iode peuvent entraîner des artefacts de reconstruction parfois rédhibitoire pour une analyse correcte du scanner [3]. La FA est donc longtemps restée, de manière tout à fait logique, une contre-indication relative au scanner coronaire.

Un rythme irrégulier va entraîner, lors de la reconstruction, des anomalies de raccord entre les blocs d’acquisition dues au déplacement des structures d’un cycle à l’autre, avec une perte de continuité des coronaires et des artefacts de mouvement rendant l’interprétation souvent difficile, voire impossible.

Sur les appareils “plus anciens”, les essais de logiciels avec des algorithmes de reconstruction permettant une augmentation de la résolution temporelle dédiés à la FA sont restés très décevants. L’arrivée de scanners de dernière génération possédant 128, 256 ou 320 détecteurs, ainsi que certains scanners double tube qui permettent de couvrir l’ensemble du massif cardiaque en un à deux cycles cardiaques au lieu de 6 à 8 pour les scanners 64 détecteurs “standard”, permet de réaliser cet examen chez les patients en FA, sous certaines conditions :

– la fréquence cardiaque doit être, encore plus qu’en rythme sinusal, ralentie si supérieure à 65 bpm, par l’administration de bêtabloquant per os (100 mg d’aténolol au moins 1 heure avant l’examen) ou IV (aténolol 5 mg pouvant être répété jusqu’à 4 fois). En cas de contre-indication au bêtabloquant, les anticalciques bradycardisants, bien que moins efficaces, sont utilisés (diltiazem 5 mg IV). En cas de rythme persistant à plus de 80 bpm, le scanner ne doit pas être réalisé, la qualité étant alors trop aléatoire,

– les mêmes précautions nécessaires à toute bonne acquisition doivent bien sûr être prises (répétition de l’apnée avec le patient, trinitrine sublinguale).

Avec un scanner 320 détecteurs, Uehara et al. [5] ont montré une équivalence de résultat entre les patients porteurs d’une FA et ceux en rythme sinusal. Marwan et al. [6], en utilisant un scanner double source, ont montré aussi d’excellents résultats chez les patients en FA (spécificité 100 % et sensibilité 85 %). Dans cette dernière étude, et c’est un point important, les auteurs ont souligné l’importance d’avoir la possibilité d’analyser plusieurs phases de reconstruction sur plusieurs cycles et donc la nécessité d’augmenter la dose de rayons X délivrée (16 millisieverts en moyenne dans cette étude). En effet, chez 55 % des patients au moins, une phase en systole et une phase en diastole ont été nécessaires à la[...]

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À propos de l’auteur

Institut hospitalier Jacques Cartier, MASSY.

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