Quand penser à une cardiomyopathie restrictive ?

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Il faut devant un tel tableau regarder attentivement l’électrocardiogramme (ECG) à la recherche d’un microvoltage, voire d’ondes Q de pseudo-nécrose. En l’absence d’antécédents d’infarctus, il faudra penser à l’amylose. L’anamnèse est capitale, à la recherche d’antécédents d’irradiation médiastinale, d’une chimiothérapie, d’hyper-éosinophilie, de cardiopathie familiale, de myélome, d’hémochromatose, de greffe cardiaque…

2. Les données de l’échographie-Doppler

>>> A l’échocardiographie, les parois du cœur sont souvent hypertrophiées, parfois hyperéchogènes. Il peut exister un aspect granité, brillant du myocarde, en faveur d’une amylose. La cavité ventriculaire gauche (VG) est souvent de petite taille. La veine cave inférieure est franchement dilatée > 20 mm et peu compliante. Il n’y a pas d’anomalie péricardique évidente. L’amplitude de mouvement systolique des anneaux mitral et tricuspide est franchement diminuée. La vitesse de propagation du flux Doppler en TM couleur est diminuée Vp < 45 cm/s (fig. 1).

>>> L’exploration Doppler recherchera un argument en faveur d’une restriction (fig. 2) :

– flux transmitral de type restrictif (type III de la classification d’Appleton). E/A > 2, temps de décélération < 150 ms. Ce profil transmitral peut être moins perturbé selon le stade évolutif de l’affection ou si le patient est sous traitement diurétique. Une insuffisance mitrale télédiastolique peut être observée dans les formes sévères,

– flux veineux pulmonaire : onde S < onde D, onde A augmentée,

– flux tricuspidien de type restrictif E/A > 2,

– flux d’insuffisance pulmonaire suggérant une élévation de la pression diastolique du VD : aspect en pic-plateau,

– flux de la veine cave inférieure fortement perturbé, abolition (inversion télésystolique) de l’onde S, pic protodiastolique et inversion du flux mésotélédiastolique,

– les variations respiratoires des flux sont amoindries, onde E mitrale < 5 %, onde D pulmonaire < 20 %, onde E tricuspide < 15 %,

– les pressions pulmonaires sont souvent élevées, mais le degré de sévérité de[...]

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À propos de l’auteur

Hôpital Cardiologique Haut-Lévêque, CHU de BORDEAUX.

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