RCP412

La mammographie dans la prévention cardiovasculaire des femmes

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Les maladies cardiovasculaires (MCV) demeurent la principale cause de mortalité chez les femmes, devant le cancer du sein. Pourtant, la prévention cardiovasculaire féminine reste trop souvent défaillante, en raison d’outils de dépistage mal adaptés et d’une sous-représentation dans les essais cliniques. Un biomarqueur longtemps ignoré, la calcification artérielle mammaire (CAM), observable sur les mammographies de dépistage, pourrait modifier significativement les stratégies de prévention cardiovasculaire féminine et s’impose comme un marqueur indépendant de risque cardiovasculaire.

Dans les années 1980, une relation entre CAM et diabète a été suggérée. La CAM correspond à une calcification médiale des artères mammaires, non obstructive (la sclérose médiale de Mönckeberg), distincte de l’athérosclérose intimale classique. Sa prévalence augmente fortement avec l’âge (10 % des femmes de 40 ans et jusqu’à 50 % chez les octogénaires). Elle se manifeste sous forme de dépôts linéaires rappelant des rails parallèles.

Les premières études ont démontré un lien significatif entre la CAM et la calcification des artères coronaires, suggérant que la présence de CAM pourrait refléter une atteinte athéromateuse plus globale [1, 2].

Les premières classifications utilisées de CAM ont été proposées en quatre catégories (0 à 3) pour évaluer la sévérité des CAM sur mammographie, basée sur la présence, l’apparence et le nombre de vaisseaux impliqués. Cette classification a servi dans diverses études cliniques pour explorer l’association entre la sévérité des CAM et les facteurs de risque cardiovasculaire ou les scores de calcium coronarien [3].

  • Score 0 : aucune calcification artérielle visible.
  • Score 1 : quelques calcifications punctiformes sans formes plus grossières.
  • Score 2 : calcifications plus grossières (type tram-track ou linéaires) impliquant moins de trois vaisseaux.
  • Score 3 : calcifications sévères/tram-track dans ≥ trois vaisseaux.

Schnatz PF et al. ont montré une association significative avec le diabète, l’insuffisance rénale chronique et la multiparité, tandis que le tabagisme était paradoxalement moins fréquent chez les patientes présentant une CAM. La conclusion établit la CAM comme un marqueur de calcification médiale, distinct de l’athérosclérose intimale classique, qui est liée au tabac. Chez les femmes ménopausées ne recevant pas de traitement hormonal substitutif, la présence de CAM était associée à un risque de maladie coronarienne environ doublé [4].

De nombreuses études observationnelles ont depuis confirmé une association indépendante entre la CAM et les événements cardiovasculaires. Une cohorte de 12 761 femmes a montré[...]

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À propos de l’auteur

Imagerie Duroc, Groupe Diagonale Santé, PARIS