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ACC 2026 : fallait-il faire Ez-PAVE ?

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“Une idée est fausse dès l’instant où l’on s’en contente.”

~ Alain

L’étude phare des sessions scientifiques de l’American College of Cardiology de 2026 a été l’étude Ez-PAVE, parue concomitamment dans le New England Journal of Medicine [1]. Pour certains, l’étude Ez-PAVE est enfin la preuve du bénéfice clinique associé à l’abaissement du LDL-cholestérol (LDL-c) en dessous de la valeur cible de 0,55 g/l telle que préconisée par les recommandations internationales [2]. Cette étude a en effet permis de comparer en ouvert le pronostic cardiovasculaire (CV) de patients pour lesquels il fallait atteindre un LDL-c inférieur à 0,70 g/l à celui de patients pour lesquels il fallait atteindre un LDL-c à moins de 0,55 g/l. Ouf ! penseront ces “certains”, les recommandations reposent enfin sur des preuves.

Mais cette étude comporte des limites conceptuelles et des limites de méthode qui rendent cette conclusion peu fiable et ne modifient ni ne renforcent la valeur des recommandations.

Limite conceptuelle

La principale limite conceptuelle de l’étude Ez-PAVE est que, pour atteindre moins de 0,55 g/l, le LDL-c moyen à l’inclusion a été de 0,76 g/l et que l’étude ne nous dit pas ce qu’il en serait en termes de bénéfice clinique et de coûts, pour des LDL-c plus bas, en l’abaissant par exemple de 0,60 à 0,55 g/l, ou pour des LDL-c bien plus élevés, par exemple, en l’abaissant de 2,10 g/l à 0,55 g/l. Et, de fait, l’étude n’a pas besoin de le dire ou de tenter de le démontrer car on le sait de façon fiable d’après plusieurs essais thérapeutiques contrôlés, méta-analyses et méta-régressions : pour toute diminution absolue de LDL-c d’une mmol/l (0,38 g/l), le risque CV (décès CV, IDM non fatals et AVC non fatals) diminue proportionnellement à la durée de l’abaissement du LDL-c et donc, de façon relative de 12 % la première année, de 17 % la deuxième année, de 20 % la troisième année, de 22 % la quatrième année, de 33 % la douzième année et de 54 % la 52e année [3].

On peut donc prédire l’effet clinique CV des traitements diminuant le LDL-c avec une précision mathématique, sans qu’il n’y ait besoin de le démontrer à nouveau par des études comparant des cibles différentes, ce qui induit une perte de chance potentielle pour les patients inclus dans les groupes témoins. Le bénéfice CV sera fonction de la valeur de départ du LDL-c, de la valeur d’arrivée du LDL-c, et donc de la différence absolue entre ces deux valeurs, et de la durée de cet abaissement. Ainsi, passer de 0,60 à 0,55 g/l, soit une différence de 0,05 g/l, donc de 0,13 mmol/l, permettra une diminution relative du risque de 2,86 %, et passer de 2,10 g/l à 0,55 g/l, soit une différence de 1,55 g/l, donc de 3,9 mmol/l, diminuera relativement le risque CV de[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.