L’aspirine ne doit plus être associée aux anticoagulants dans le syndrome coronaire chronique. L’étude AQUATIC

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Malgré l’aphorisme Primum non nocere (d’abord ne pas nuire) souvent rappelé en médecine, les médecins, par leur formation et leur esprit, ont parfois ce qui est dénommé l’enthousiasme thérapeutique, qui n’est qu’une partie de ce que l’on appelle le technosolutionnisme. En d’autres termes, c’est une forme de pensée qui conduit à envisager qu’à chaque problème, il peut exister une solution innovante et donc technique, et en médecine, cette solution est l’utilisation de traitements médicamenteux et de dispositifs médicaux. Cet enthousiasme et cette tournure d’esprit associés à un biais cognitif classique, le biais de confirmation d’hypothèse, font que si l’on est persuadé a priori qu’un traitement est efficace, on ne retiendra dans les données de son programme de développement et d’évaluation que celles qui confortent notre opinion, même si leur niveau de preuve est faible, et l’on négligera les mises en garde et les données dérangeantes.

Les antithrombotiques en débat

En cardiologie, l’apport des anticoagulants dans la fibrillation atriale (FA) a justifié d’au moins 6 essais thérapeutiques contrôlés, très disparates, pour conclure que l’utilisation d’un antivitamine K (AVK) réduit en moyenne de 64 % le risque embolique chez les patients ayant une FA [1], et le rapport bénéfice-risque du traitement est favorable dès lors que l’INR est entre 2 et 3 et que le risque embolique est suffisamment élevé.

Pour l’aspirine, une étude majeure, ISIS-2, publiée en 1988, a démontré qu’elle réduit la mortalité totale à 1 mois lorsqu’elle est prescrite en phase aiguë d’infarctus du myocarde (IDM). Ce traitement fait donc partie du traitement de base de l’IDM et il est prolongé indéfiniment du fait de son apport dans l’angioplastie coronaire, et parce qu’entre 1974 et 1980, 6 essais thérapeutiques contrôlés, conduits chez des patients au décours d’un IDM, ont montré que l’aspirine réduit significativement le risque d’événements cardiovasculaires (CV) majeurs et la mortalité coronaire (tableau I). Dans ces essais, les doses d’aspirine étaient toujours élevées, à au moins 300 mg par jour [2].

Il pouvait dès lors apparaître[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.