- DFGe et albuminurie : un nouveau réflexe cardiologique
- L’hypertension artérielle au centre du dialogue cœur-rein
- Protéger le rein ne signifie pas protéger la créatinine à tout prix
- De la néphroprotection à la protection cardio-rénale
- Traiter le patient plutôt que le chiffre ou l’image
- Et demain, prédire plutôt que constater ?
- Ne plus choisir entre protéger le cœur et protéger le rein
Pendant longtemps, cardiologues et néphrologues ont abordé leurs patients selon une logique principalement centrée sur l’organe. Au cardiologue le cœur et les artères ; au néphrologue la fonction rénale, l’albuminurie et les troubles hydroélectrolytiques. Cette frontière, déjà largement remise en question par les avancées physiopathologiques et thérapeutiques de ces dernières années, vient de franchir une nouvelle étape.
La publication, en 2026, des premières recommandations de la Société européenne de cardiologie (ESC) spécifiquement consacrées à la prise en charge des maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC), élaborées en collaboration avec l’European Renal Association, constitue à cet égard un changement important [1].
Avec près de 100 millions de personnes concernées en Europe, la MRC ne peut plus être considérée par le cardiologue comme une simple comorbidité. L’ESC appelle désormais explicitement la communauté cardiologique à participer à son dépistage précoce, à prévenir sa progression et à organiser une prise en charge multidisciplinaire.
C’est à cette occasion que nous proposons ce dossier de Réalités Cardiologiques & Prévention. De la relation bidirectionnelle entre MRC et maladies cardiovasculaires à l’hypertension artérielle, de l’insuffisance cardiaque aux atteintes rénovasculaires, des stratégies diurétiques aux nouvelles approches de néphroprotection, les différentes contributions illustrent un même changement de paradigme : nous ne pouvons plus protéger le cœur sans penser au rein, ni protéger le rein sans penser au cœur.
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