Téléréadaptation cardiaque ou réadaptation cardiaque hors les murs : une prise en charge innovante

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La réadaptation cardiaque (RC) bénéficie de recommandations de niveau I pour de nombreuses pathologies cardiovasculaires. Pourtant, en France, seulement 22,3 % des patients post-syndrome coronarien aigu sont réadaptés dans les six mois suivant leur événement, avec d’importantes disparités régionales et sexuelles (26 % des hommes contre 15 % des femmes) [1]. Ce constat alarmant n’est pas propre à la France : en Europe, moins de 25 % des patients post-infarctus sont réadaptés. Les freins à l’accès à la RC sont multiples : crainte de l’exercice, manque de motivation, manque de temps perçu, absence de prescription, mais également difficultés familiales, responsabilités socio-professionnelles et éloignement géographique [2]. Face à ces obstacles, de nouvelles modalités de réadaptation cardiaque se développent, dont la réadaptation cardiaque hors les murs, pour diversifier l’offre de soins et répondre aux besoins spécifiques des patients.

L’article 51 : un cadre pour innover

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 a introduit, dans son article 51, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations de santé avec des modes de financements inédits. Ce cadre réglementaire vise à améliorer le parcours des patients, l’efficacité du système de santé, l’accès aux soins et la pertinence des prescriptions médicales.

Quatre expérimentations majeures ont ainsi vu le jour dans le domaine de la réadaptation cardiaque :

  1. Les structures libérales légères (SLL) [3]

Équipes pluridisciplinaires libérales, les SLL comprennent des cardiologues libéraux, des kinésithérapeutes, des enseignants en activité physique adaptée (EAPA), des psychologues, des diététiciens, des infirmiers, des addictologues, du personnel administratif… Ces structures de proximité offrent des programmes “à la carte” pouvant durer de un à six mois, avec des plages horaires étendues, facilitant ainsi l’accès aux soins pour un plus grand nombre de patients. La formation des équipes implique au moins un cardiologue titulaire du diplôme inter-universitaire (DIU) de réadaptation cardiaque, une formation initiale et continue obligatoire pour les professionnels impliqués, un temps dédié à la coordination des programmes.

Plus de 3 000 patients sont déjà inclus dans l’expérimentation,[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie et maladies vasculaires, Hôpital Henri-Mondor AP-HP, CRÉTEIL