Le cardiologue est un préventologue : pour une vision globale de la prévention

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“Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l’ancien.”

~ Dan Millman dans Le Guerrier pacifique

 

Dans une vision classique et encore très répandue de la cardiologie, qu’elle le soit de façon explicite ou implicite, le terme de prévention est symboliquement assimilé à la “prévention primaire”, c’est-à-dire à la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (CV) avec comme objectif de diminuer le risque de survenue d’un infarctus du myocarde (IDM). De ce fait, sont essentiellement considérés comme faisant de la prévention les cardiologues s’intéressant plus particulièrement à l’hypertension artérielle (HTA), aux lipides, à la diététique, à la pratique sportive, voire au diabète et, depuis peu, à l’obésité. Et cela, comme si la prise en charge de ces facteurs devenait non plus “de la prévention” mais “du traitement”, “du curatif”, après la survenue d’un IDM… Avant l’événement, on préviendrait, après, on traiterait.

Cette façon de penser, cette sémantique, est-elle réellement adaptée à la pratique de la cardiologie ? Voire même à celle de la médecine ? Nous allons voir qu’une autre perspective est possible, faisant de chaque médecin, et donc des cardiologues, des préventologues : des spécialistes de la prévention.

Faut-il classifier la prévention ?

Face à cette vision classique, “symbolique” et sémantique de la prévention cardiovasculaire, il est possible d’en proposer une autre qui paraît mieux adaptée pour plusieurs raisons. Notamment car cette vision classique est centrée sur une maladie, la maladie coronaire, et plus encore sur un événement, l’infarctus du myocarde, censé la caractériser. Ainsi, cet événement catégoriserait les prises en charge “préventives”, si elles sont appliquées avant, et “curatives”, si elles sont appliquées pendant ou après l’IDM. Plusieurs éléments doivent nuancer cette vision.

Le premier élément remettant en cause une classification de la prévention en fonction de la survenue d’un événement est celui du niveau de risque CV qui, d’une part, est un continuum et, d’autre part, peut être plus important, et silencieux, avant l’événement qu’après.

Ainsi, la maladie coronaire peut être présente, sans[...]

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