Check-list sur la sortie infarctus

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La période post-infarctus, au-delà du simple geste de revascularisation, et en particulier durant les premières semaines, constitue une phase charnière à haut risque pour les patients.

En effet, le patient est exposé à de multiples problématiques contre lesquelles le médecin intervient activement.

Ce travail débute dès la phase initiale à J0, notamment en termes d’optimisation thérapeutique, d’accompagnement, d’explications et de réassurance, afin de garantir une prise en charge optimale à la lumière des données les plus récentes de la littérature.

Cette prise en charge multimodale doit permettre de réduire le risque de complications et la morbi-mortalité, tout en accompagnant le patient vers un nouvel équilibre de vie, aussi proche que possible de la normale malgré l’événement aigu traumatisant traversé.

L’objectif de cette fiche, destinée aux médecins, est de fournir de manière pratique et synthétique les éléments essentiels afin de ne rien omettre dans la prise en charge de nos patients en post-infarctus (fig. 1).

Compréhension de la maladie et évaluation du risque

  1. Événement index et thérapeutiques engagées jusqu’à présent

Il faut expliquer au patient que l’événement marque une rupture dans son état de santé, et qu’à partir de ce jour, il est considéré comme un patient coronarien. Il faut retracer avec lui le cheminement : depuis la prise en charge, par exemple de l’appel au Samu jusqu’à la surveillance en soins intensifs et les soins de suite et de réadaptation. Expliquer en quoi a consisté la mise en place du stent (son avantage, le risque en cas de non prise des traitements). Expliquer le risque de thrombose en cas de saut de prise des traitements.

Donner le “plan de vol” prévu pour le reste des artères coronaires “non culprit” en cas d’atteinte pluritronculaire.

  1. Prendre en compte le quintuple risque

Le risque de récidive ischémique, bien que diminué grâce à l’amélioration des thérapies pharmacologiques et des techniques d’angioplastie, reste majeur dans les premières semaines, avec 60 % des événements survenant dans le premier mois [1]. Le risque de nouvel infarctus à 1 an est estimé entre 3 et 5 % dans les cohortes récentes [2].

Le risque hémorragique, qui est d’autant plus important que le patient est âgé ou en cas d’association d’antithrombotiques avec un anticoagulant. Il faut repérer les patients les plus à risque, quitte à prévoir une désescalade plus précoce (âge élevé, antécédent d’épisode hémorragique, prise d’antivitamine K [AVK]…). Ce risque de saignement majeur est de l’ordre de 2 à 3 % à 1 an, et diminue notamment de façon importante au moment[...]

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À propos de l’auteur

Cardiologue interventionnel, Hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, PARIS